Category Archives:Mi-figue Mi-raisin (THE bons plans)

AquaNique

Et merde, j’ai déconné… Encore.
Alors que j’étais pleine de bonnes résolutions et que je pensais avoir atteint mes limites question entubage, je me suis à nouveau mis dans la tête que je devais faire du sport.

Faut dire que depuis que j’ai changé de boulot, mon volume d’efforts quotidiens est proche du néant. Dire qu’avant, j’étais presque une sportive de haut niveau! C’était au bas mot 10 minutes de marche pour choper ma correspondance, matin ET soir! Et oui m’sieur dame! Maintenant, je pose mes fesses dans la bagnole garée devant ma maison, quelques menus mouvements de chevilles sur les pédales pour le gainage, 3 coups de volant sans direction assistée pour galber mes escalopes de dinde qui pendouillent sous les bras, et me voilà garée devant la porte de mon bureau… Calories brûlées : 7.

Du coup, je me suis convaincue que je devais trouver un moyen de bouger un peu mon boule, et quoi de mieux quand on est sans un sous vaillant, flemmarde et jamais bien épilée que l’aquabike en club, bien sûr!?

Voilà comment j’ai signé pour un an a minima au club de fitness auquel j’avais eu tant de mal à me désabonner en 2018. Tout ça pour avoir le droit d’aller une fois par semaine me choper une mycose dans une piscine minuscule pleine de vélos d’appartements en rang d’oignon, le tout dans une ambiance tamisée digne d’une boite échangiste (enfin à ce qu’on raconte) afin de mieux camoufler tous les complexes des nanas qui se sont inscrites comme moi dans un moment d’égarement.

Je vais toute de suite faire taire les mauvaises langues. J’y suis déjà allée 3 fois ! Et oui ! C’est donc en totale connaissance de cause que j’ai pu découvrir l’ennui mortel que pouvait procurer cette activité…

Je m’explique :
D’abord, tu es donc assis sur un vélo, les fesses dans l’eau, et face à un mur sur lequel les coachs ont eu l’obligeance de coller la photo d’une route pour te faire croire que tu te balades sur la route 66 avec ton VTT.
Au rythme endiablé des mêmes musiques semaines après semaines et sous les cris du prof, fort heureusement toujours canon, tu alternes coups de pédales lents, moyennement lents ou rapides (enfin, ça je n’ai pas encore réussi) le cul posé sur la selle ou bien en danseuse, ce qui n’est pas une mince affaire vu les espèces de claquettes palmées qui te servent de pédales.
Et ce, pendant 45 minutes uniquement ponctuées de petites blagounettes du joli prof, auxquelles toutes mes comparses rient niaisement, bien entendu.

Bon, je peux bien vous le dire à vous, je ris bêtement moi aussi.

Le top du top, c’est que j’ai du investir dans de très seyantes chaussures d’eau, que j’ai choisies rose fluo, histoire d’aller au bout du truc. On glisse moins dans les pédales-claquettes mais putain que c’est laid.

Voilà en tout cas ma résolution de l’année.
C’était ça ou le pole dance. Et vous ?

Hier, j’ai eu 16 ans

Hier, j’ai eu de nouveau 16 ans. Ma copine Pénélope m’a invitée à un concert revival exceptionnel du groupe de notre jeunesse dont on a repris maintes et maintes fois les titres sur la route de nos premières vacances sans parents, et dont le viril leader a été notre premier amant… Enfin le mien seulement. Pénélope a eu un vrai mec, elle.

Quoi qu’il en soit, ce chanteur est l’idole absolue de ma jeunesse, mon sex-symbol, mon fantasme sur pattes, muscles et tatouages, celui pour lequel j’ai même le droit de tromper Mi Amor si jamais je venais à le croiser (comme si c’était la seule inconnue au tableau…). Bref, c’est le mâle 2.0.

J’aurais déjà du le voir à 2 reprises mais le destin en avait décidé autrement, rendant mon rêve de respirer le même air que Lui inaccessible. La première fois, 2 jours avant la date fatidique lors d’une soirée étudiante, un pote aussi haut que large et sans doute fortement imbibé s’était lamentablement vautré m’emportant avec lui dans sa chute et me brisant la clavicule. La seconde, j’étais enceinte de quelques mois et alors victime de fortes nausées qui décidèrent de me donner du fil à retordre le jour J et me firent passer la soirée à Bercy certes, mais plutôt au niveau de son parking souterrain à vomir mes tripes entre deux bagnoles.
Alors, cette fois-ci, même 20 ans plus tard, c’était un peu ma dernière chance, et j’avais la ferme intention d’en profiter comme j’aurais du le faire autrefois.

Manque de chance, en ce grand jour, les éléments ne m’étaient guère favorables : une réunion super guindée dans un trou paumé à l’autre bout de la France m’a d’abord obligée à mettre des pompes d’hôtesse de l’air qui font mal aux pieds et une chemise austère en synthétique qui fait bien transpirer, et par dessus le marché m’a arrachée du lit aux aurores pour être à l’heure à Trifouillis-les-oies.

17h. Après une journée bien ennuyeuse, moi et mon look de vieille fille sommes dans le train qui nous ramène à la civilisation. Depuis mon siège SNCF qui gratte et sent le tabac froid, je songe à la soirée que j’aurais bien aimée avoir là tout de suite. Et je dois bien avouer qu’à cet instant précis, avec mon Rimmel dégoulinant, mes pieds gonflés et mes dessous de bras malodorants, mon sautillant mâle torse poil ne fait pas le poids face à une soirée Joséphine Ange Gardien avec Mi Amor en sirotant un pisse-mémé. Mais pas le choix, Pénélope m’attend dans un rade branchouille où elle connait tout le monde. Je dois avoir 16 ans ce soir.

Telles des célibataires sans enfants qui se retrouvent après le boulot pour la happy hour, on se commande deux pintes histoire de se mettre en jambe comme jadis. Malheureusement les temps changent… on parle nounou, boulot et mensualités de remboursement de prêt immobilier ou politique de raison, et moi, je vais évacuer mon litron tous les quarts d’heure à cause de cette satanée bière.

On file ensuite à Bercy. Pardon, BercyArenaHotelClubMaxiLoungeUnderScoreArevapolis… Evidemment les vrais jeunes sont dans la fosse. Pour Pénélope et moi, le temps des pogos étant révolu, surtout avec ma sciatique, 2 sièges numérotés nous attendent. C’est donc confortablement installées qu’on attend que ça commence en s’enfilant quelques chips au sorgo sauvage que Pénélope a ramenées. A peine les lumières éteintes, me prend l’impérieuse envie d’embêter toute ma rangée pour retourner aux toilettes et me purger une énième fois de ma rôteuse.

De retour, j’ai le plaisir de découvrir le groupe en première partie, un groupe soi-disant hyper en vogue aujourd’hui dans le tout Paris me dit Pénélope. Jamais entendu parler. Bon… et bien au bout de 3 minutes, et contrairement à toute la salle, je me sens à des années lumières de ce monde là. Pas même leur tube “j ai une mycose” interprété avec un melon aussi gros que leurs fausses notes ne parvient à me faire apprécier leur son, comme semblent pourtant le faire les quelques 5000 personnes qui m’entourent. Le pire, c’est que ce titre me donne illico envie de retourner aux toilettes, me faisant maudire une nouvelle fois par mes voisins de rangée qui surkiffent ce si bon morceau. Pour ma part, je décide à cet instant d’arrêter la bière à tout jamais et fais un détour au stand boules quies pour me donner l’impression que je n’ai pas perdu mon temps dans mes allées et venues et aussi parce que le son est vraiment fort quand même.

Heureusement pour mes tympans, la torture cesse et les blaireaux frangés se font la malle. On en profite avec Pénélope pour actualiser nos connaissances de midinettes sur notre idole et ses sémillants acolytes. Et là, c’est le coup de massue porté par Wikipedia. Ma rock star aux cheveux longs a 53 ans. Oui. 53 ans. Comme si ma sciatique, ma vessie ramollie et mes oreilles fragiles ne suffisaient pas, je vois encore un peu plus mes 16 ans s’éloigner…

Mais Il entre en scène, enfin. Le gens devant nous se lèvent, m’obligeant à faire de même pour espérer apercevoir mon étoile… de 53 ans donc, et vêtue de leggings tsum tsum QueMêmeMaFilleDe3ansElleTrouveCaMoche, et portant moustache à la gauloise et coupe de Playmobil drôlement pas saillantes. Qu’est donc devenu mon si beau et rebelle Mohican…?

Debout sur la pointe des pieds derrière un golgoth, j’essaie de suivre le show sans trop reconnaître les morceaux qui jadis m’ont fait vibrer. C’est qu’ils en ont fait quelques autres des albums en 20 ans… comme je ne vois rien, je suis en louchant sur le portable de ma voisine de gauche qui, comme à peu près tous les gens qui peuplent la salle, assiste au concert à travers son smartphone. Etrange pratique…

Il me semble en tout cas entendre mon vieux beau nous raconter des choses trop poilantes avec un accent californien à couper au couteau. Enfin, je dis ça, n’allez pas croire que je reconnais l’accent californien. Nan. C’est Pénélope, polyglotte, qui me fait cette remarque et me traduit sans que je ne le lui demande tout ce qu’Il raconte, présumant ainsi de mon ignorance linguistique.

Le concert fini, je n’ai plus de dos, et pour rentrer chez moi, plus de RER ni taxi à moins de 100 balles. Je me fais donc inviter chez Pénélope, pour dormir dans un lit chiné en rotin et des draps cousus main par un designer hollandais. Il est tard, j’aurai pas mes 8 heures de sommeil, ça craint. Il me faudra au moins 3 jours pour me remettre. J’envoie de mon lit un message à Mi Amor pour savoir si les enfants ont été sages et s’il a pensé à lancer une machine.

Hier, j’ai eu de nouveau 16 ans donc. Mais pas longtemps. Nan, vraiment pas.

La comédie romantique

Hier, j’ai regardé une comédie romantique. A 21h30, tous les mômes étaient couchés et endormis après nous avoir fait remonter 20 fois pour un pipi, un cul qui gratte, une soudaine envie de câlin ou une ultime vérification d’absence de sauterelles mangeuses d’hommes sous le lit, et on a pu se mater un petit film peinards dans le canap, film que pour une fois j’avais choisi, et bien mal m’en a pris.

Telle une grosse baleine échouée sur le sofa, je regarde d’un oeil vitreux Mi Amor s’affairer à ses mille branchements pour que le format XP92 du film en Dolby Stereo multi complex soit compatible avec la télé 55 pouces grâce au miraculeux câble switch ethernet turlute machin chouette qui nous donne un son d’enfer… perceptible toutefois à toutes les oreilles sauf aux miennes.

Bien sûr, puisque ça ne marche pas comme il voudrait, Mi Amor commence à s’énerver en s’en prenant aux 7 télécommandes dispersées dans toute la maisonnée. Et puis comme ça n’apaise toujours pas son courroux, je commence à en prendre pour mon grade parce qu’après tout, c’est moi qui ai insisté pour regarder cette foutue comédie!

Il n’a pas totalement tort cela dit. Ca n’a pas l’air d’être du grand cinéma tout ça. Mais ce soir, je suis d’humeur pour un film à l’eau de rose, léger et plein de bons sentiments : voir la vraie vie d’un oeil positif et léger en somme.

On commence enfin à découvrir ce chef d’oeuvre du 7ème art… Elle, que nous appellerons Gwyneth, est une brave fille de fermiers montée à NYC pour tenter sa chance dans la photocopie en entreprise. Forcément célibataire et maladroite, elle arbore tous les artifices de la fausse moche : le sourcil broussailleux, les lunettes en cul de bouteille triple foyer, le sous-pull en acrylique à rayures datant d’un autre siècle, et comble de la caricature du pseudo laideron, l’appareil dentaire.
Figurez-vous qu elle tombe alors raide dingue de son big boss, Bill, un bellâtre aux dents blanches qui rayent même la moquette et qui enchaîne les conquêtes comme mes gosses s’enfilent les Smarties, et ne se soucie pas un instant de sa préposée à la repro.

Eperdue d’amour pour ce connard méprisant, la pauvre Gwyneth se confie donc lors d’une pathétique soirée burritos dans un bouge du Queens à son meilleur ami et colocataire qui, je vous le donne en mille, est homosexuel.

Comme je m’ennuie un peu et que les voir s’empiffrer de burritos me donne faim, je vais nous chercher une glace et du chocolat en espérant que ça apaise Mi Amor qui marmonne dans sa barbe de lui rappeler de ne plus jamais me laisser choisir un film.

Mais ça y est, ça devient intéressant! Enfin, les deux cocos que tout oppose si finement se retrouvent un soir comme deux cons au bureau (quel hasard quand même que le boss et la chargée de photocopies fassent des heures sup en même temps!) et il remarque enfin la fille au col roulé, alors que ça fait 1 mois qu’il la croise tous les jours. Le con quoi.

D’oeillades en frôlements de corps entre deux portes, Bill et Gwyneth se retrouvent dans l’ascenseur qui, incroyable mais comédie romantique oblige, tombe en panne! Et c’est dans cet espace confiné que la claustrophobie de la vierge effarouchée rencontre la force tranquille du prétentieux mâle surtestostéroné et que la température monte…

C’est le moment que choisit aussi mon mouflet pour se réveiller en sursaut et m’appeler de toute urgence afin que je retrouve à l’odeur la vieille pelure râpée qui lui sert de doudou et qui s’était fait la malle.

De retour sur le canap, je me remets fort heureusement vite dans le bain avec une scène chaude bouillante dans laquelle les deux se roulent des pelles comme s’ils n’avaient rien bouffé depuis 15 jours. Comme si après 1 journée de boulot et 6 heures sup en nocturne, tu avais l’haleine fraîche et suffisamment confiance en toi pour lécher la figure de ton partenaire.

En tout cas, on est presque dégoûté quand on apprend que l’ascenseur est réparé, mais comme eux aussi le sont, on a le plaisir de les suivre chez Bill qui tient visiblement à mieux la connaître…

Chez lui, vous imaginez bien que c’est une immense garçonnière contemporaine en plein coeur de Manhattan avec vue à 180° sur Central Park. Et c’est ici que notre Justin Bieber de Wall Street a choisi de déniaiser Gwyneth avant de l’épouser, elle qui n’attend que ça (et je ne parle pas de mariage là). Mais avant l’amour, autour d’un verre de Chardonnay, alors qu’elle s’ébahit devant le luxe ostentatoire de son baisodrome, il lui raconte combien l’argent ne fait pas le bonheur et comme le petit gosse de riche qu’il est a souffert de la solitude avec des parents plein aux as trop occupés à festoyer plutôt qu’à prendre soin de lui. Pauvre biquet. On a envie de lui faire un gros câlin et c’est ce que s’empresse d’ailleurs de faire notre bouseuse du Kansas d’un coup dévergondée par un simple verre de blanc.

Et là les amis, c’est le clou du spectacle. On assiste à la folle nuit de ces deux êtres aussi seuls l’un que l’autre et qui tombent amoureux en 3 minutes 50 simplement grâce à une léchouille, des parents fêtards et une demi boutanche servie dans des verres en cristal. L’amour avec un grand A quoi.

Evidemment, la meuf, qui ne s’attendait pas ce matin encore à ce que la soirée finisse en cabrioles, est parfaitement épilée et porte de superbes dessous (dommage qu’elle n’ait pas autant de goût pour ses sous-pulls) et coup de bol absolu, elle n’a pas ses règles!!! Après tout, ça n’arrive que 5 jours par mois, la probabilité étant de 1 chance sur 4, elle en a quand même de la veine notre Gwyny!

Évidemment, les deux lascars sont souples comme des lianes et s’emballent comme s’ils dansaient le plus sensuel des tangos. On est loin des coups de genoux donnés par inadvertance dans l’énervement du moment. De même, ils ont bossé toute la journée comme des dingues mais sont ce soir frais comme des gardons. Pas de déo ni de lingettes cache-misère requis. Et puis alors le pompon, c’est notre péteux d’Apollon qui possède, tenez-vous bien, un incroyable talent caché : celui d’enlever ses chaussettes par la seule pensée, ce qui est quand même vachement pratique pour éviter de se plier en 4 dans des positions anti-sexes dignes du twister le plus endiablé!

Après ces ébats où nos deux héros nous montrent à quel point ils connaissent le kamasutra sur le bout des doigts, l’épuisement est plus fort et ils s’endorment dans le plus simple appareil…

Et il est où le sopalin hein? Et le pipi post-coïtal pour éviter la mycose ?!

La nuit, Bill se réveille et fait délicatement rouler sa Gwyneth sur le côté pour se lever boire un verre de lait bien sûr, pas pour faire un gros pipi et s’en mettre plein les orteils parce qu’il n’a pas les yeux en face des trous pensez-vous! Une belle occasion pour nous cependant d’admirer son petit corps d athlète arpentant le long couloir qui mène jusqu’à la cuisine, ainsi que son beau derrière ferme dépourvu d’un caleçon râpé et distendu.

De nouveau au lit auprès d’elle, il admire ce poux d’hier et belle au bois dormant cette nuit, chrysalide devenue papillon en deux pelles et une panne d’ascenseur, et qui malgré son appareil dentaire dort la bouche fermée comme la plus délicate des princesses Disney. Point de bave, point de ronflements caractéristiques de toute soirée arrosée qui se respecte, mais un visage pur et démaquillé comme par magie, paisiblement endormi.

Et puis au petit matin, on nous remet une couche de réalisme. Les deux âmes soeurs se font face et se soufflent dans la tronche en se souhaitant un mièvre bonjour, leurs haleines pâteuses matinales ne semblant pas les incommoder le moins de monde au point de s’en pourlécher à nouveau allègrement le visage. Vient alors le coup de la chemise que notre beau gosse prête à sa douce qui parait alors si fragile et si sexy dedans… C’est déjà chiant de repasser une chemise mais le type en gâche une juste pour que Gwyneth, qui n’est tout de même pas arrivée à poil hier soir que je sache, prenne un Nesquick assise sur le plan de travail! Pourquoi ne lui refile-t-il pas un vieux t-shirt hein?!

Quoi qu’il en soit, je n’ai pas tenu plus loin, le meilleur moment de ce chef d’oeuvre cinématographique étant a priori passé sans me prévenir. C’est en tout cas cet instant que mon horloge interne a choisi pour me lâcher lamentablement, me donnant l’air gracieux d’une pauvre fille avinée qui sombre sans même une lutte, si ce n’est quelques faiblards battements de paupières. Naïve, j’ai cru un instant pouvoir suivre le film les yeux fermés, juste en écoutant les dialogues, mais je me suis rapidement mise à baver sur l’épaule de Mi Amor, qui, compatissant, a saisi sa chance en me laissant ronfler pour mieux zapper sur Be-in sport.

Le prochain coup, je laisse Mi Amor choisir le film. C’est tout ce que je retiens de cette soirée.

Les blogs de Micheline

Juste comme ça, gratuitement et parce que je suis sympa, je partage ici les blogs ou pages qui me font marrer, et qui me donnent la délicieuse impression que la terre n’est pas entièrement peuplée de Pénélope :

www.samerlipopette.fr

Les aventures de cette maman sont poilantes, ses textes vraiment bien écrits, et son humour décapant (et très pipi caca, c’est pour ça que j’aime bien je crois).

www.femmesweetfemme.fr

La blogueuse complexe sur la taille de ses seins (c’est mon âme soeur!) et fait d’une scène anodine du quotidien une incroyable épopée. Moi je me bidonne, et ce que je préfère, ce sont ses réponses aux spams.

 

Cette liste s’allongera petit à petit.

J’invite toutefois les 3 pelés qui me lisent à continuer à le faire en dépit de ces autres blogs de grande qualité…

 

Excuses pour sécher le sport

Hier, je devais aller comme chaque semaine à mon cours d'abdos fessiers, mais j'ai séché. Et alors ? Me direz-vous. Pour une fois! Le hic c' est que ce n'est vraiment pas la première fois que je me dégonfle comme une minable. Ce cours, c'est tous les mardis depuis septembre… et ce cours, je ne l'ai fait que 3 fois.

Chaque semaine pourtant, j'ai la meilleure raison du monde. Invariablement la même :  la flemme. Motivation nulle, aucune envie de me déshabiller dans des vestiaires collectifs, irrésistible attraction de mon canap, indéniable dégoût de l'effort.

Mais ça, je ne peux décemment pas l'avouer à Mi Amor qui sait que je paie un abonnement hors de prix pour ces satanés cours, ni à mes énergiques collègues de 10 ans de moins que moi toutes gaulées comme des lianes, encore moins à Pénélope qui ne loupe pas un cours de yoga et qui fait chaque dimanche matin son jogging dans le parc Monceau, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige. Ca non.

 

Alors, comme toute Micheline qui se respecte, je sors des excuses bidons. Voici les meilleures, les imparables. La liste de mes 10 flûtes qui me permettent de faire le mollusque sans en avoir l'air et de garder un semblant de dignité.

 

1. "J'ai réalisé sur le chemin de la salle que j'avais oublié ma basket gauche à la maison! Et le temps de repasser la chercher, j'aurais vraiment été en retard, ça m'aurait fait louper l'échauffement et j'aurais risqué un claquage. Non, il a fallu que je me résigne à ne pas y aller ce soir. Je suis dégoûtée d'être si tête en l'air".

Le conseil de Micheline : Bon, pour être honnête, cette excuse ne fonctionnera que si vous êtes vraiment tête en l'air ! En ce qui me concerne, ça m'est déjà vraiment arrivée, donc c'est un de mes plus efficaces prétextes.

 

2. "J'ai oublié de vider mon sac et de laver mes affaires après le cours de la dernière fois. Du coup, si j'ouvre mon sac, ça pue le fennec et je ne peux décemment pas infliger ça à mes copines du sport."

Le conseil de Micheline : c'est évident, celui-ci ne fonctionne QUE si vous êtes vraiment allée au sport la dernière fois. Autrement dit, c'est une excuse à n'utiliser que 2 ou 3 fois de l'an. Et puis entre nous, c'est pas comme si j'avais des copines au sport. Mais le tout est d'avoir un peu d'aplomb.

 

3. "Mon Microbe a une interro super importante demain et bien sûr, il n y a que moi qui puisse l'aider à réviser et on en a pour des heures… Non, vraiment, ça serait égoïste d'aller au sport ce soir. Mon rôle de mère avant tout."

Le conseil de Micheline : attention, si votre microbe n'est qu'au CE2, ça ne sera guère crédible. Je vous conseille aussi de mettre le gosse dans la combine en l'achetant avec une piécette ou deux, histoire qu'il ne vous trahisse pas, car c'est évident, vous n'avez aucune intention de passer la soirée à vous faire chier à le faire réciter sa leçon sur les fleuves et leurs affluents.

 

4. "Je suis tellement speed en ce moment que je n'ai même pas pris le temps de m'épiler les aisselles et franchement, aucune envie de lever les bras devant tout le monde et de passer pour une fille négligée." De là, ajoutez avec un petit soupir : "De toute façon, je n'ai plus le temps de rien, pas même de prendre soin de moi, j'en peux plus."

(Là, bien sûr, au fond de vous, vous savez très bien que rien ne vous empêche de mettre un t.shirt à manches longues ou mieux encore, de vous raser en 2 secondes sous la douche, mais a priori, vous avez réussi à changer de sujet et à passer un instant pour la pauvre malheureuse à qui il ne faut pas en demander davantage)

 

5. "J'ai encore tellement de courbatures de la dernière fois ! Mieux vaut attendre que ça passe un peu car je ne réussirai à rien faire si j'y vais ce soir."

Le conseil de Micheline : Pour être crédible, faites des ailles et des ouilles fréquents quand vous marchez les jours précédant votre dégonflade programmée.

Attention toutefois car ici, même limite que l'excuse bidon n°2 ! Il faut VRAIMENT y être allée récemment.

 

6. "J'irai plutôt au cours du dimanche matin, il est plus sympa je trouve!"

Le conseil de Micheline : Alors celui-là, vous pouvez le servir à toutes les sauces ! Vous sortez la fausse excuse, et hop, vous enchaînez sur la projection pleine de motivation pour la séance du dimanche. Certes, tout ceci n'est que de la procrastination. On sait bien que vous n'irez jamais à ce cours (un dimanche matin quoi ?!) mais sur le coup, en ce qui me concerne, ça me donne même l'illusion d'une bonne conscience !

 

7. "J'ai un orgelet ! Du coup, c'est vivement déconseillé de mettre mes lentilles de contact, et franchement, faire du sport en lunettes, NO WAY!"

Mais gros l'orgelet.

 

8. "La nounou doit rentrer plus tôt chez elle ce soir, et puis j'ai eu un problème de train d'autant que j'étais déjà sortie à la bourre du boulot à cause de Monsieur Duchemol qui me tenait la jambe et qui a été horrible, et puis faut dire que j'ai hyper mal à la cheville depuis que je suis tombée en sortant de la boulangerie avec Microbe qui venait de perdre sa basket sur laquelle je me suis pris les pieds, et puis j'ai mes règles en plus…" Bla bla bla.

Le conseil de Micheline : Autant vous le dire, le principe essentiel dans les excuses bidons, c'est d'éviter de les cumuler. Pourtant, une foultitude de raisons foireuses et indépendantes les unes des autres, surtout si elles sont abracadabrantes, peut faire son effet. Mieux vaut beaucoup trop que trop, non ? Faites en donc des caisses !!!!

 

9. "Ho non, franchement, j'ai mis des heures à me sécher les cheveux ce matin, aucune envie de tout foutre en l'air avec une séance motifiante de sport, d'autant que demain j'ai une réunion hyper importante, faut que je sois présentable."

Le conseil de Micheline : vous savez pertinemment que ce n'est pas pour ce que vous bougez au sport que vous allez transpirer comme une truie au point d'avoir les cheveux trempés de sueur mais il faut faire semblant d'y croire ; même si vous savez qu'après une nuit de sommeil votre super coupe ne rassemblera de toute façon plus à rien demain matin.

 

10. "Flûte, j'ai mis mon soutif bandeau aujourd'hui et faire du sport avec un soutien-gorge sans bretelle, c'est comme faire un pique-nique en pantalon taille basse : seins ou fesses dehors assurés ! Tant pis, j'ai mal joué, j'y vais pas… "

Le conseil de Micheline : Là aussi, il faut y croire. Cela suppose également d'avoir une poitrine suffisamment volumineuse pour que ce genre d'incidents puisse arriver.

NB : Excuse non testée en ce qui me concerne. Du coup.

 

 

Entre nous, je ne suis pas certaine que Mi Amor soit tout à fait dupe. Je le soupçonne de faire gentiment semblant de me croire... Il va donc falloir que je renouvelle mes excuses, à défaut de pouvoir annuler mon abonnement de 36 mois au club de gym...

 

Des idées ? Vous, c'est quoi vos meilleures excuses bidons pour sécher la gym  ???

 

 

Le mariage

Hier, j'étais de mariage. C'est une ancienne collègue de boulot devenue mon amie qui sautait le pas. Elle m'avait annoncé la bonne nouvelle lors d'une soirée filles bien arrosée, à la fin de laquelle elle m'avait demandé avec un ton plein de cérémonie et la larme à l'œil d'être sa témoin au vue de notre amitié indéfectible. Honorée et émue par cette si belle déclaration (encore un peu et j'avais l'impression que c'était moi qu'elle demandait en épousailles), j'avais accepté cette digne distinction en lui faisant un gros câlin et des serments d'amitié éternelle.

 

Quelques semaines plus tard, je la retrouvais pour un déj, cette fois-ci complètement sobre. J'étais toute impatiente à l'idée de lâcher quelques indices sur le programme d'enterrement de vie de jeune fille que je lui avais concocté. Il était des plus incroyables et je planchais dessus depuis des jours. Mais elle ne m'en a pas laissé le temps en commençant  à me raconter comment sa best-friend Natacha, son amie d'enfance, était venue avec elle choisir sa robe en tant que témoin de sa future union. Au fil de son monologue excité, j'ai vite compris que l'alcool lors de notre soirée filles avait dû fausser son jugement (ou le mien ?) quant à notre niveau d'amitié, et qu'elle avait dû complètement oublier qu'elle m'avait déjà proposé ce statut  suprême de témoin bien avant cette espèce de Natacha venue de nulle part.

 

Quoi qu'il en soit, le message était clair, je n'étais pas/plus témoin. J'ai vite remballé mon programme d'EVJF en masquant ma déception, annulé en douce mon hammam pour 15 personnes et déprogrammé ma location de déguisement de wonder woman et mon gogo dancer canon.

 

Le pire dans tout ça, c'est que je n'ai même pas été conviée au dit EVJF car soi-disant, cette idiote de Natacha n'avait pas ma bonne adresse mail et avait été visiblement incapable de demander mes bonnes coordonnées à sa super meilleure amie pour la vie.

 

 

Hier, j'étais donc enchantée d'emmener ma petite famille à cette délicieuse journée de noces au cours de laquelle j'allais devoir parler à cette nunuche de Natacha.

 

La journée avait démarré sur les chapeaux de roues. La route pour aller sur les lieux de la fête et de la cérémonie était longue, on avait donc décidé de se changer une fois arrivés sur place, dans un coin tranquille dans la campagne alentour. J'avais donc préparé rapido toutes les fringues des enfants, robes qui tournent et chemisettes de premier de la classe, m'étais rapidement rasé les pattes, et pendant que Mi Amor était parti faire le plein de la voiture, j'avais réuni ses affaires à lui : costard gris check, chemise blanche et cravate noire check,  pompes en cuir fourrées fissa dans un sac en plastique check.

 

Habillés comme un dimanche matin pluvieux, tongs ou espadrilles aux pieds, vieux pantalons larges et T.shirts délavés, on a donc pris la route pour 3 bonnes heures de "libérée délivrée - quand est ce qu'on arrive - pipi -  vomi".

 

A proximité de l'église, on dégote une jolie petite clairière au bout d'un chemin de terre. Je file à tout le monde ses petites affaires, mets ma robe que je n'avais pas sortie depuis un an en me griffant les cuisses sur des ronces, petite robe que j'avais malheureusement oublié de prévenir de mes quelques kilos pris au cours de cette année… Mes fesses ayant quelque peu gagné en volume, la pauvre petite robe noire, initialement élégante et sobre est devenue sur mon gras l'uniforme du bois de Boulogne, moulant et vulgaire à souhait, avec en prime des cuisses lacérées par les branchages… Micheline au top de sa beauté quoi.

 

Je ronchonne sur cette saleté de fringue (c'est plus facile que de s'en prendre à mon cul) quand j'entends Mi Amor jurer comme un charretier. Oups. Que se passe-t-il ? Mi Amor me montre alors sa paire de pompes, regard noir et lèvres pincées pour ne pas laisser sortir tous les noms d’oiseaux qu'il rêve de me lâcher. Ben quoi ? Je ne comprends pas ce qu'il essaie de me dire tout de suite puis je réalise que je fais face à deux pieds droits de deux paires de chaussures différentes. Mince alors, aurais-je oublié de vérifier ce que je glissais dans ce foutu sac plastique dans notre hâte matinale ?

 

Mi Amor est furax, ses lèvres ont finalement cédé pour laisser s'échapper toute sa colère ! Je n'écoute même plus tant les mots fusent, je me concentre simplement sur le bouchage d'oreilles des enfants qui pourraient être choqués par tant de vocabulaire fleuri. Je reconnais que j'ai quand même merdé sur ce coup là, surtout quand je le vois avec son costard bien classe sublimé par ses vieilles espadrilles couleur caca d'oie qu'il portait ce matin. De mauvaise foi jusqu'au bout, j'essaie de lui vendre cette méprise comme une admirable audace mode dont il sera fier un jour, mais il ne veut rien entendre et se réfugie dans un mutisme dont il est le roi.

 

 

Une fois tous endimanchés de la tête aux pieds (enfin, presque tous…), on file à l'église. Du monde partout. J'aperçois ma copine toute belle entourée d'une espèce de reine du lycée qui fait l'intéressante et semble s'être auto-proclamée wedding planer pour la journée. C'est donc elle, cette Natacha…

 

A la messe, elle continue d'en faire des caisses avec son chignon plus élaboré que celui de la mariée, et ses lectures de textes totalement sur-jouées… J'ai beau fixer sur elle et fuser en critiques intérieures (et oui, je ne peux pas jouer la langue de vipère avec Mi Amor puisqu'il me fait toujours la gueule), ça n'en fait pas passer la messe plus vite.  J'en viens à compter sur les petits pour s'ennuyer et me demander à sortir, histoire de me donner une excuse pour mettre un terme à cette soporifique cérémonie, mais non. Ils sont trop sages pour une fois, trop contents d'être là, à chanter et à regarder partout, et bien sûr à s'extasier devant la beauté de la mariée ET de la demoiselle d'honneur qu'on ne peut pas louper, Natacha. "T'as vu Maman comme elle est trop trop belle la dame ? On dirait une princesse." Facile avec un chignon de coiffeur à 300 balles…

 

Bref, j'ai dû me taper toute la messe.

 

 

A la sortie, une fois les mariés félicités, c'est la séance photos. Miss Natacha est partout : aux petits fours, avec les parents des mariés, sur quasi toutes les photos à jouer les belles et à rire niaisement, au premier rang quand il s'agit d'attraper le bouquet qu'elle attrape forcément avec grâce et évidence, avec sa bande de copines écervelées qui la suivent comme des moutons, et même au micro pour faire un discours des plus débiles qui soit mais que tout le monde semble apprécier.

 

De mon côté, je ne profite pas encore de la fête. Impossible d'aller faire connaissance avec les invités, coincée entre un Mi Amor fermé comme une huître et des gosses à surveiller sans relâche : et vas-y que je m'empiffre au buffet, que je remets les petits fours que je n'aime pas mais que j'ai bien léchés dans le plat de service, et puis que je joue à ramasser les vieux confettis des mariages de l'an dernier encore coincés dans la caniveau au milieu de la pisse de chien, puis qu'ensuite j'essaie de m'incruster sur toutes les photos avec les mariés en essuyant discrètement mes mains dégueus dans les jupons de la mariée. Sans relâche vous dis-je.

 

L'heure du repas finit quand même par arriver. Les enfants sont pris en charge par des baby-sitters, ce qui signifie pour moi qu'on va enfin pouvoir avoir une vie sociale et faire connaissance avec les convives. On arrive dans la salle du dîner et on constate que c'est placement libre. Avec Mi Amor, vu qu'on ne connait personne, on erre un peu entre les tables en essayant d'en trouver une pas encore occupée. On en trouve une sur laquelle on s'installe timidement, attendant que les 4 autres assiettes trouvent leur propriétaire et qu'on rencontre nos voisins de table…

 

Tout le monde semble installé, à l'exception de quelques personnes encore debout. Ca parle, ça rit. Nous on est toujours deux à table. C'est là qu'on voit Natacha et sa bande de reines de bal de promo arriver vers nous. Ne te braque pas Micheline, elle est peut être sympa finalement ?! Elle nous demande alors dans un sourire émail diamant  s'il y a quelqu'un avec nous. On dit non, contents d'avoir trouvé des voisins de table, quels qu'ils soient. Elle aussi semble contente de notre réponse. Elle fait alors un signe à ses faire-valoir qui ni une ni deux prennent les assiettes, les couverts et les chaises vides de notre table et filent les installer sur la table d'à côté pourtant déjà complète, obligeant leur bande de potes inséparables à se serrer pour les accueillir. Mais quoi, c'est pas grave, c'est leurs potes, ça serait con de séparer un groupe si uni, quitte à en oublier les règles de base de politesse.

 

Mi Amor et moi nous voilà donc en tête à tête, tout le monde étant placé ailleurs qu'à nos côtés. Autant j'en rêve souvent, mais là, ce n'est pas le contexte idéal.  En plus, Mi Amor fait encore la gueule à cause de ses chaussures, rendant ainsi le repas interminable. J'en viens à faire sans arrêt des allers retours pour voir comment vont les enfants dans la pièce d'à côté tellement je m'emmerde !

 

 

Avant le dessert, on ne nous a encore pas adressé la parole, alors on décide d'aller se fumer une cigarette histoire de prendre l'air (Mi Amor commence en effet à se détendre).  Dehors, personne. Seule deux ombres se pelotent contre un mur en gémissant comme des ours. Ca a le mérite de le dérider vraiment.

 

De là, il y a l'espèce de Natachone qui vient avec sa bande de copines cucu la praline me dire : "ha mais c'est toi Micheline ? Désolée pour l'EVJF de t'avoir zappée ! C'est con, c'était hyper sympa !" S'en suit un gloussement de toutes ses greluches de BBF. Elle enchaîne : "Heureusement, je me suis rattrapée en t'intégrant au discours !"

Au discours ? Quel discours ?

Je dois donc (j'aurais reçu un putain de mail) participer au petit show super bien préparé par toute la bande.

Apparemment, il faut que je parle de l'année au cours de laquelle j'ai connu la mariée et que je fasse un lien avec l'actualité internationale du moment puis raconte une blague qui me lie à elle. Ca va être coton tiens. On m'aurait demandé l'actu des stars, j'aurais pu rebondir ! Yahoo people ou Voici sont mes livres de chevet ! Mais l'actualité internationale de l'année de notre rencontre, je sèche complètement.

 

Elles me laissent généreusement 5 minutes pour me préparer. Trop sympas les filles.

On rentre avec Mi Amor qui regarde sur son portable pour m'aider à nourrir mes propos, et en arrivant près de notre table, on se rend compte qu'il n'y a plus nos chaises. La bande de coolos juste derrière doit vraiment pas nous avoir vus et a donc pris nos chaises pour installer d'autres potes à leur table ronde qui réunit maintenant tous les invités de moins de 50 ans, sauf nous. On est comme deux cons debout, à une table où personne ne veut être, et à se demander si on se casserait pas juste maintenant, ce qui m'éviterait de me ridiculiser dans un minable discours .

 

Sauf que nunuche en chef vient me chercher pour le fameux discours. Je la suis docilement en me faufilant entre les tables et en vidant tous les verres d'alcool que je croise avant de rejoindre la bande de morues qui ne cessent de ricaner bêtement. Elles ont vraiment bien préparé leur truc, tout le monde rit, tout le monde pleure, que d'émotions mes amis. D'un coup, le clan des pompom girls s’arrête et toutes tournent la tête vers moi, me permettant d'en conclure que c'est mon tour. J'arrête donc de tirer sur ma robe (visiblement trop courte vu le regard que me jette la grand-tante du marié au premier rang) et je me lance, un énième verre à la main.

 

C'est de la totale improvisation, je raconte tout et n'importe quoi, passe du coq à l'âne, commence à régler mes comptes avec la mariée pour le coup du témoin,  et finis par critiquer les Totally Spies qui m'entourent… Je vois tout le monde se crisper, et j'en conclus que j'ai sans doute légèrement trop bu et trop vite. J'essaie alors de revenir à un truc léger, et décide de raconter la fameuse petite blague… Ce qui me vient, c'est une histoire idiote qui nous a toujours fait rire avec ma copine, une blague débile sur les nains. Je me lance, de toute façon, il n'y a que celle-ci qui vient. Je cherche dans l'auditoire un soutien tandis que je déroule ma vanne mais la seule réaction que je vois, c'est ma copine justement qui grimace en faisant le signe de se couper la tête. J'arrive pourtant à la chute finale. On entend les mouches voler, tout le monde me regarde bouche bée, debout sauf le frère du marié, qui lui est resté assis. Ho merde. Je réalise qu'il n'est pas assis. Il est debout lui aussi, mais j'ai été induite en erreur par sa très petite taille. Cet homme est nain.

 

Mais pourquoi j'ai raconté cette blague sur les nains ? J'aurais pu raconter n'importe quoi d'autres mais non !! Il a fallu que je fasse une blague de mauvais goût à prendre au 50ème degré et que dans cette salle, il y ait une personne, une, qui soit directement visée par cet immonde discours.  Personne ne rit, tout le monde assiste le regard froid à mon naufrage…  La parfaite Natacha vient alors à ma rescousse en me coupant avec beaucoup de tact en plein milieu de ma phrase de fin, et en se plaçant juste devant moi en me broyant les orteils avec ses talons de 10 centimètres. Je profite de cette ultime humiliation pour m'échapper en boîtant et me barrer avant le dessert.

 

J'ai envoyé un petit mail à ma copine pour savoir comment s'est passée la fin de soirée, mais elle ne me répond pas.

Avec tout ça, c'est peu probable que je sois la marraine de leur futur morpion, non ?

La touriste

Hier, j’ai fait la touriste. Avec Mi amor, on a décidé sur un coup de tête d’emmener notre troupe se balader à Lille et d’y retrouver des amis. On a pris nos mouflets, nos cliques et nos claques et on est parti pour la journée histoire de se détendre et prendre du bon temps en famille.

 

Pour être plus précise, j’ai pris des jeux pour les enfants sur la route, j’ai veillé à recharger les consoles, j’ai embarqué dans un monstrueux sac à dos kleenex, bouteille d’eau, gâteaux, compotes, culotte de rechange (pour la petite hein, pas pour moi),  doudou, tétine, j’ai sorti la poussette et pensé au seau Spiderman de ma vomisseuse en chef. Miamor, lui, a pris l’appareil photo. Mais attention, pas n’importe quel appareil, SON nouvel appareil, le super Canon EOS XW II reflex numérique expert orientable 5312 de l’espace intersidéral que personne il en a un comme ça.

 

On est déjà à la bourre, on se dépêche donc d’installer tout le monde dans la voiture. Mais en réalité, on met plutôt 3 plombes pour gérer les multiples sièges auto : d’abord je me bats avec le groupe 0+\1 qui s’accroche de partout, j’en profite pour cogner au passage la tête de la petite dans l embrasure de la portière en essayant de l’asseoir, puis on galère sur le siège du groupe 2 qu’on n’arrive pas à fixer parce que la ceinture est bloquée par le réhausseur d’à côté qui pèse trois tonnes avec son système de fixation iso-machin-chouette à la noix. Bref, je m’emmêle dans la ceinture, me pète le dos, pendant ce temps-là, la petite pleure en disant que je suis méchante parce que je lui ai fait un bobo. J’enchaîne alors sur le pliage de la poussette, qui bien sûr, ne se plie pas. Je force donc comme une malade pour y parvenir (hop séance muscu) et me pince le doigt dans le système. De là s’en suivent tous les pires jurons de la terre au point de pouvoir nous payer un voyage à 6 à New York avec l’argent que je devrai dès ce soir glisser dans la boîte à gros mots. Encore un coup de chaud pour mettre la poussette dans la voiture, dont les satanées roues sont, bien sûr, couvertes de terre séchée qui, bien sûr, vient se coller vicieusement sur mon pantalon beige, et dont l’assise, pour couronner le tout, parsème le coffre de la bagnole d’une foultitude de miettes de BN oubliés. Hop, un voyage en Australie ! Enfin, tout est prêt et tout le monde est attaché, on peut partir et que celui qui a envie de faire pipi fasse sur lui ou se taise à jamais.

 

Mi amor prend le volant, et moi, je pense pouvoir en profiter pour me détendre un peu. Grossière erreur. Ca commence d’abord par un anodin « Maman tu peux ramasser mon doudou? Pas de problème ma petite chérie. » Je me contorsionne, glisse du fauteuil passager pour mieux me faufiler, mais ma ceinture se bloque et me broie le pif, je persiste et me déboîte ensuite l’avant-bras dans le frein à main, puis étirement maximal pour attraper le doudou égaré évidemment à perpèt (on dirait qu’il l’a fait exprès cet idiot de lapin blanc), gogo gadget au bras, et tiens voilà ton doudou. Et c’est le début de l’enfer. « Maman tu peux mettre Adèle? » Pas de  problème, Micheline est aussi DJ à ses heures… sauf que je me goure de bouton, et dérègle ainsi le GPS de Mi amor qui râle, puis je m’y retrouve et parviens à mettre Adèle pour Microbe2. « Maman, tu peux mettre la musique du roi lion ? » Oui bien sûr, après la chanson de ta soeur, pas de problème. Maintenant je sais où est le bouton en plus! « Après tu pourras mettre Muse, j’en ai marre des chansons pourries? » Oui, moi aussi mon grand, pas de problème. « Maman, tu peux ramasser mon doudou!!! » Nouveau pas de problème, nouvelle contorsion, nouvel étirement, et moi, bien échauffée maintenant et souple comme une liane, j’ai l’impression d’être candidate à Fort Boyard et d’essayer de récupérer la clé pour Passe-Partout, sauf que là, c’est un lapin crasseux qui sent la bave, et que je n’y arrive pas… Et la petite qui commence à s’énerver. Plus stressante qu’Olivier Minne et son sablier. J’abandonne ma quête, tente de lui expliquer mon impossibilité physique à récupérer son lapin puant, mais rien à faire. Évidemment pendant que j’essaie vainement de la raisonner, je continuer à jouer les DJ, un torticolis en prime.

 

On décide de faire une pause pour récupérer le doudou, les décibels ayant atteint leur niveau maximal (tout comme notre seuil de tolérance), et j’en profite pour prendre le volant et laisser les platines à Mi amor. Le calme est presque revenu quand je décide d’ouvrir les vitres histoire d’aérer un peu la voiture, et j’en profite pour crachouiller mon vieux chewing-gum par la fenêtre. Sauf que Dame nature décide de me punir d’avoir eu cette audace et que le chewing-gum est, grâce au vent, immédiatement redirigé derrière moi, plus précisément dans les cheveux d’un des microbes. Bien sûr, en essayant de le décoller lui-même, il l’étale partout dans son épaisse chevelure. Ne voulant pas gâcher cette délicieuse journée de farniente, je décide de régler ce problème plus tard, d’autant qu’on arrive dans le centre de Lille et que je dois me concentrer pour entrer la voiture dans le parking souterrain.

 

J’arrive devant la borne pour retirer mon ticket d’entrée, mais évidemment je me suis placée bien trop loin pour pouvoir choper le ticket juste en tendant le bras, bien que je sois devenue experte en la matière. Comme je n’ai pas envie de me déboîter encore l’épaule, j’ouvre la portière rapido pour prendre le ticket plus facilement et bing, la portière : dans la borne. J’entends Mi amor qui peste mais je fais comme si je n’avais pas entendu. M’en fous, je me gare, et à nous la journée de tourisme ! Enfin un peu de détente !

 

On ressort tout le monde, sauf que défaire tous ces sièges iso-truc, c’est aussi compliqué que les accrocher, d’autant que je sens mon portable vibrer dans mon sac sans arrêt, ça doit être les copains qui s’impatientent… Au point où j’en suis, j’essaie vaguement de décoller le chewing-gum de la tête du bonhomme qui se plaint mais je sais pertinemment que tout ça se finira aux ciseaux un peu plus tard. On sort la poussette, on essaie de la déplier, mais on ne tire pas dans le même sens, on appuie sur tous les boutons à la fois, et je pense qu’à nous deux, on s’offre un tour du monde. Au bout d’un moment, miracle, on y arrive, on ferme la voiture et on court retrouver les copains. Coucou, bisous. Ho mince, j ai oublié le sac à dos dans la voiture, je laisse tout le monde en plan, et court le chercher. Enfin équipés, on peut y aller !

 

Malheureusement pour moi, ce n’est pas encore le moment d’en profiter. Le centre ville est entièrement pavé. C’est charmant, oui. Mais qu’est ce que c’est pourri quand tu as une poussette !!!! D’autant que je me coltine tous les mouflets. La petite n’arrête pas de gigoter dans sa poussette de polytechnicien et ne cesse de faire tomber sa tétine. Après le stretching, c’est donc mission fesses toniques avec des squats à répétition pour Micheline. Un autre microbe court de vitrine en vitrine (de préférence les plus pourries) pour me montrer tous les objets les plus nases de la terre ( oh regarde maman, un canif tête de mort… Je peux l’avoir? Non. Ho regarde maman, une cuillère avec un château dessiné dessus, je peux l’avoir? Non. Ho regarde maman, un bracelet avec mon prénom je peux l’avoir ? Non !!!!!!) Puis elle revient ponctuellement pour essayer de m’amadouer en me tenant la main gentiment (sauf que mes mains sont déjà occupées à pousser le convoi et à ramasser la PU____ de tétine de la petite qui a en tout cas une excellente maîtrise de la loi de la gravité.) Le troisième microbe lui, met cette loi à l’épreuve en gambadant 10 mètres devant et saute sur tout ce qu’il trouve tel un chamois, allant de mini poteau en mini marche, et moi, je contracte les fessiers à chaque saut tellement j’ai peur qu’il se vautre. Le 4ième microbe enfin me tient compagnie (ou peut-être est-ce l’inverse…?) puisqu’il monologue foot et dernier jeu PS4… Des sujets somme toute fort passionnants mais pour lesquels là tout de suite, j ai absolument rien à foutre, on peut bien se l’avouer.

 

Mi amor est loin devant, avec les copains qui semblent donner des explications super intéressantes sur tel ou tel bâtiment, que Mi amor s’empresse d’immortaliser avec son super Canon EOS XW II reflex numérique expert orientable 5312 de l’espace intersidéral que personne il en a un comme ça. Ils ont l’air de bien se marrer. De loin je les vois alors s’arrêter. Je me dis qu’ils sont sympas quand même Mi amor et les copains. Ils m’attendent histoire de me filer un coup de main! En fait ils font juste une pause,  ce qui ne m’enchante guère pour le coup, car arrêt veut dire : descendre de la poussette le mini microbe qui va vouloir marcher toute seule, ce qui peut être très très lourd. En plus, ils ont opté pour le meilleur endroit pour s’arrêter avec des enfants, le marchand de glaces. Etrangement, l’endroit parvient à rapidement rassembler tout le monde. Et arrive donc ce qui devait arriver, tous les microbes réclament une glace, qu’on leur cède, faibles que nous sommes. Pendant que Mi amor paie sa tournée, je supervise la distribution et la dégustation. A peine la petite a le cornet dans la main que les 3/4 de son t-shirt sont couverts de glace au chocolat, le quart restant se partageant généreusement entre ses cheveux et l’assise de la poussette histoire que les BN dans le coffre se sentent moins seuls tout à l’heure. Les garçons, eux, s’empiffrent en 2 secondes, et se plaignent d’avoir encore faim alors que la vendeuse ne nous a même pas encore rendu la monnaie. La dernière quant à elle met des plombes à manger sa glace parfum bubble-gum qui sera bientôt liquide si elle n’accélère pas un peu le mouvement, d’autant que le mini microbe commence à vraiment s’impatienter dans la poussette et tente de sortir toute seule en s’emmêlant toujours un peu plus dans la ceinture toute collante.

 

De toute manière, les copains et Mi amor ont décidé de reprendre la balade, malheureusement trop tard, puisque ma poisseuse d’enfant a réussi à se détacher et décide de marcher, en embarquant avec elle la poussette dont un bout de ceinture est coincée à son short. Hop, squat streching pour Micheline qui la détache correctement, et se fout par la même occasion de la glace au chocolat plein les mains. Le sac à dos lui s’étale par terre dans l’effort, sac à dos ouvert en douce (et pas refermé sinon c’est pas drôle) par un des garçons qui avait encore faim et voulait s’enfiler une compote. Adieu donc compotes, doudou, kleenex, gâteaux et culotte de rechange. Tous étalés sur la chaussée. Je les ramasse en hâte d’une main, l’autre tirant à deux doigts sur le short de la petite qui essaie de se faire la malle et tenant tant bien que mal avec les 3 autres un cornet au jus de bubble-gum de mon enfant escargot qui à force de traîner, n’en veut plus de toute façon.

 

Les copains et Mi amor sont eux, déjà loin devant. J’essaie tant bien que mal d’avancer, en me disant que quand même, dix doigts, c’est pas assez. J’en ai désormais trois de pris pour faire avancer la poussette vide, deux autres pour gérer la direction (même si sur les pavés, il m’en faudrait bien un de plus), l’autre main tenant le petit machin trop ravi de marcher à côté de moi, et de pouvoir s’arrêter toutes les deux secondes pour ramasser un caillou, une feuille, un bâton de glace, une vieille frite, un superbe tesson de bouteille de bière, un mégot aplati et tout fourrer dans sa bouche dès qu’un autre microbe me demande de lui acheter une immonde babiole.

 

Mais bien sûr, les glaces, ça donne soif. On fait donc un nouvel arrêt, près d’une jolie fontaine qui semble avoir un intérêt historique fort riche, mais que je ne pourrai pas connaître aujourd’hui, c’est bien dommage, puisqu’il faut surveiller les deux mouflets qui marchent sur le rebord et tournent autour, dans le même temps répondre au plus grand qui veut une pièce de monnaie à jeter dans l’eau pour faire un vœu (« pitié faites que je roule enfin ma première pelle!! »), et renouveler une série de squat-fente-strech pour ramasser une énième fois la tétine tombée à terre… Heureusement Mi amor la mitraille sous tous les angles (la fontaine hein, parce que la tétine il s’en contrefout je crois). Je me baisse donc pour récupérer piécette et sucette et me redresse d’un coup, fière d’avoir trouvé le tout si vite !!! Et bing, en me relevant, ma tête heurte violemment quelque chose de dur, qui s’avère être le super Canon EOS XW II reflex numérique expert orientable 5312 de l’espace intersidéral que personne il en a un comme ça, parce que je n’avais pas vu, idiote que je suis, que Mi amor jouait les reporters derrière moi. C’est ça de ne pas être attentive aussi. Quoi qu il en soit, le super Canon EOS XW II reflex numérique expert orientable 5312 de l’espace intersidéral que personne il en a un comme ça est peut être ultra léger, mais ma tête n’y résiste pas et je tombe à moitié dans les vapes sous le choc. Heureusement, ma grosse tête est solide. Je suis encore un peu sonnée mais je distingue les copains et Mi amor s’affairer près de moi. Ils sont gentils, c’est à ça que ça sert les copains et les amoureux, à t’aider à te relever dans les coups durs. C’est là que je les entends souffler en choeur de soulagement… Attendez quand même que je me relève les copains, avant de crier victoire trop vite !

 

Ha non. C’est le super Canon EOS XW II reflex numérique expert orientable 5312 de l’espace intersidéral que personne il en a un comme ça qui est intact, et ce même super Canon EOS XW II reflex numérique expert orientable 5312 de l’espace intersidéral que personne il en a un comme ça qui les met en joie. Ben oui, ça aurait été dommage que ma grosse tête et moi, on abîme ce kodak jetable de mes deux.

 

En tout cas, Lille, ça avait l’air sympa comme ville. J’irais bien un jour. Seule.