La fête d’anniversaire

La fête d’anniversaire

Hier, j'ai organisé la fête d'anniversaire d'un de mes microbes. Mais pas n'importe quelle fête, LA fête que tout parent normalement constitué redoute chaque année et à l'issue de laquelle on se retrouve sur les dents et avec une maison dépouillée, mais avec une seule pensée positive, celle d'en être débarrassé pour un an: la fête avec les copains.

 

J'avais déjà dû batailler sévère pour limiter le nombre d invités miniatures à 8, ce qui de toutes façons ne me dispensait pas d'un après-midi en mode foire aux bestiaux animée.
D'autant que la liste avait été ardue à constituer, évoluant chaque jour au gré des embrouilles de cour de récré du microbe, qui un jour ne parlait plus à l'une, qui le lendemain ne parlait plus à l autre, qui le jour suivant ne parlait plus aux deux pour finalement redevenir les meilleures amies du monde le jour d'après.

Pour limiter les dégâts, j'avais choisi de me lancer dans une nouvelle carrière d'animatrice de club Mickey, en préparant un programme de dingue à ces morveux histoire de ne pas leur laisser le champ libre pour ruiner ma baraque. Pour ça, je m'étais donc fendue pour trouver un thème dément à cet horrible après-midi, ainsi formulé par le microbe : "île déserte et aventure"... Même si mon jardin n'allait en rien ressembler à une île déserte (à mon grand regret) et que la seule aventurière dans l'histoire, c'était la mère courage que j'étais et qui allait devoir se coltiner un troupeau de loupiots mal élevés.

Voulant malgré tout jouer à la maman modèle, j'avais écumé les sites de femmes parfaites qui avaient toutes réussi avec brio à organiser un Kho Lanta grandeur nature, avec une déco digne des plus grands studios hollywoodiens, des jeux que tous les enfants semblaient adorer, des gâteaux aussi divins que beaux, le tout dans une maison bien rangée et dans une tenue des plus élégantes.

Evidemment, moi Micheline, je n'ai pas essayé de fabriquer un palmier géant avec des pots de yaourt, de construire un pont de singes avec 3 bouts de ficelles, ni même de cuisiner un gâteau en forme de malle aux trésors.
J'ai acheté 3 noix de coco, une nappe jaune (bah oui, pour faire comme du sable !!), des bonbons en forme de serpents, un gâteau au chocolat Picard et j'ai pompé toutes les idées de jeux sur ces mamans bloggeuses formidables aux petits orteils desquelles je n'arrive même pas, moi, la pauvre fille qui a déjà galéré à trouver 4 foulards jaunes et 4 foulards rouges pour différencier mes deux équipes de mioches.

Je fais la fille distante comme ça, mais j'avoue avoir quand même essayé de mettre à l'honneur mon habileté manuelle pour réaliser une superbe invitation "FaisLeToiMême" qui en jette. Malheureusement, les cartons d'invitation qui initialement devaient avoir tout du véritable parchemin brûlé faisant apparaître les traits passés d'une carte au trésor ont finalement plus ressemblé à une feuille de PQ à moitié déchirée par une mine baveuse de stylo bic et recouverte d'un gribouillis informe autant lisible d'un côté que de l'autre. Evidemment, face à la tronche des gens à qui j'ai montré le résultat de ma petite séance Modes et Travaux, j'ai vite affirmé en mentant effrontément que c'était l'oeuvre de ma fille... "Vous savez ce que c'est, les enfants, ils n'en font qu'à leur tête... mais le plus important, c'est de les laisser bricoler ! oui, c'est pas mal ! oui sa petite soeur de 4 ans l'a aidée bien sûûûûr..." J'ai en tout cas arrêté le déco-patch depuis.

En revanche, aussi loupées étaient ces invitations, on pouvait quand même y lire mon numéro de téléphone, sous entendant aux chers géniteurs des petits destinataires que je n'étais pas contre une confirmation de leur présence histoire de me préparer au pire.

Le jour J, on peut s'en douter, je n'avais reçu que 2 réponses dont une directement transmise par l'enfant à mon microbe à la cantoche, autant dire donc niveau de fiabilité proche de zéro, et une autre par sms qui m'informait que l'enfant ne serait pas là, déjà convié le bienheureux à un autre anniversaire.

Le jour J, on peut s'en douter aussi, il faisait un temps de merde.

A l'heure dite, 4 enfants débarquent à la maison, à moitié jetés par leurs parents qui ne viennent même pas dire bonjour, trop pressés de pouvoir profiter de quelques heures peinards. Les seuls qui rentrent ne le font pas par politesse mais simplement pour fureter dans la maison et vérifier que nous ne sommes pas les Thénardier.

Moi, de mon côté, j'en fais des caisses! Exit l'anim du club mickey, je mute en reine du Club med, en GO enjouée et de bonne humeur qui sautille de plaisir et ponctue toutes ses phrases d'un bruyant : youpi on va s'éclater!!!!

Malgré une météo déplorable, je demande à mon petit groupe d'aller dehors. On commence par les présentations, via un énergique tour de ronde pour mieux se connaître youpi !!!!!!!!!
Et bien c'est un bide total. Les gosses n'ouvrent leurs bouches que pour râler parce qu'il pleut et qu'ils ont envie d'être à l'intérieur. Je leur réponds que sur l'île déserte, on n'est pas à l'abri des intempéries, et que c'est ça aussi l'aventure. Mais ils n'en ont visiblement rien à foutre et n'écoutent déjà plus les règles du jeu que je leur explique youhooo!!


L'un commence à taper dans un ballon qui traîne dans la boue et en fout plein le mur de la maison et la GO (tenue de mère parfaite ruinée au bout de 15 minutes, qui dit mieux ?), l'autre trifouille les fleurs du jardin et finit par en arracher la moitié, et les deux autres regardent leurs pompes en ayant l'air de se faire royalement chier.
Ma distribution de foulards pour distinguer les équipes n'y change rien puisque j'ai été infichue d'en trouver et qu'ils doivent se contenter de traits de rouge à lèvres sur les joues pour l'équipe rouge, et d'un chouchou jaune au poignet pour l'équipe jaune. Evidemment après la mince distribution, j'en entends demander : et c'est quand qu'on a les foulards ?

Apres 30 minutes d'efforts intensifs pour essayer de les amuser à travers des activités soi-disant extraordinaires avec les enfants si on en croit les mères parfaites, la porte sonne et voila 3 nouveaux gamins qui arrivent, sans avoir confirmé et en retard par dessus le marché. Le pompon. Je recommence donc mon discours, mes explications, mon maquillage de joues, et c est reparti pour s'éclater youhooo!!!! (que je dis, toute seule.) Les 8 mioches me regardent avec les yeux ronds.


Face à cet échec cuisant, je décide de tenter le tout pour le tout, et leur propose l'activité que je leur réservais pour la fin, la meilleure. Les mamans formidables ne jurent que par elle, ça devrait donc les amuser un peu. J'explique ce qu'il faut faire à mon petit groupe, quand j'entends une grande tige qui semble bien plus vieille que les autres et habillée comme une cagole moulée dans une combi aux couleurs criardes et bardée de tronches des One Direction qui dit : "c est nul. Je m'ennuie. Quand est ce que ça commence vraiment??" Quoi???? Alors déjà, j'avais demandé aux parents d'habiller leurs gosses pour une journée aventure, pas pour une journée pouffe de 8 ans, mais en plus c'est mon épreuve suprême au succès garanti, alors tais-toi saleté!

Je me reprends en ignorant cette perfide remarque et tente quand même le jeu, comptant sur le groupe pour motiver la récalcitrante préado. Ca fonctionne plutôt bien pour les autres, mais à toute épreuve, il y a des gagnants et des perdants... Et évidemment, la peste boutonneuse est dans l'équipe Rouge à lèvres qui a perdu. Et là, c'est le drame. La folle enfant vit très mal cette défaite cuisante et s'énerve, hurlant de colère sur les pauvres autres gosses, donnant des coups de pieds partout et se roulant par terre comme une bête furieuse...
Perplexe face à cette explosion de nerfs, je me demande quand même pourquoi les parents ne m'ont pas donné son traitement avant de partir...

J'essaie de détourner l'attention de tous en les amadouant avec le goûter...
Ca fonctionne, ils se ruent à table pour se goinfrer de bonbons, laissant la dingue se rouler dans le gazon toute seule. Evidemment dans ma hâte, j'oublie de leur dire d'enlever leurs chaussures et c'est donc un torrent de boue qui s'écoule dans mon salon. Peu m'importe, pour l'heure, je dois parer au plus urgent et cuire vite fait mon gâteau au chocolat surgelé. Mais trop occupée à faire des youhooo et des bip bip pour maintenir l'ambiance à son paroxysme, je ne lis pas les précautions de préparation, et enlève cette saleté de moule en alu pourtant bien utile. Bien utile je vous le dis!  Car quand on ne le met pas, le gâteau, en se réchauffant dans le four, se liquéfie. Et que se passe-t-il quand une pâte liquide est posée sur une grille ??? Et bien elle dégouline à travers et crame au fond du four ! Bravo ! Le même résultat que si j'avais tenté un beurre rôti sur une grille de barbecue. Youhou !!!! Voilà donc Micheline sans gâteau....

J'improvise alors avec un vieux cake Papy Brossard de fond de placard, et prends quelques photos du goûter que j'envoie aux parents, histoire de leur montrer que tout se passe à merveille, mais surtout de leur rappeler subtilement qu'ils ne doivent pas tarder à venir récupérer leur progéniture et ainsi me libérer de cette fête infernale.
Et bien, figurez vous que les seules réponses que j'ai, c'est pour me dire que j'aurais dû demander leur autorisation pour photographier leur enfant. Ca m'apprendra tiens.

Epuisée par cet acharnement du sort, j'abandonne et laisse aux gosses le champ libre pour une heure pendant que j'essaie de récurer le four... C'est là que mon microbe vient me voir pour me demander où est sa grande copine. Ha oui, la folle ?! J'avoue ne pas savoir, je l'appelle, on cherche partout, je commence à stresser, imaginant le pire des scénarios d'horreur pour cette psychopathe, quand j'ouvre la porte du placard de l'entrée et découvre la groupie des ONE Direction en train de rouler un gros gadin à mon aîné, que je croyais enfermé dans sa chambre à jouer à la console pour fuir la fête. Et bien je vois qu'on ne s'ennuie plus...  Mais pincez moi ! C'est moi qui suis dans un film d'horreur !

Fort heureusement, cet après-midi atroce a pris fin. Une fois tous les gosses partis ou sortis du placard (ou même de la bouche de mon fils), j'ai fait le tour du propriétaire afin d'évaluer l'étendue des dégâts. Résultat : un chiotte bouché, un radiateur démonté, un four bousillé (mais celui là, c'est moi), un procès au cul pour utilisation d'une image d'enfant sans autorisation, et un fiston déniaisé.

En tout cas, je suis tranquille pour un an. Ha ben non mince. Y a le plus grand qui fête ses 16 printemps dans 2 mois. Va y en avoir pour le coup de la galoche.

4 comments

  1. Pour une prochaine….
    Cette année, j’ai laissé cette tâche à Mr, et lui il a su limiter à quatre le nombre d’invités, il est souvent plus réaliste que moi!!! bon j’avais un peu d’inquiétude mais j’avoue c’était pas mal de rentrer du boulot et de profiter juste d’un morceau de gâteau et du sourire des gosses avant qu’ils repartent!
    Bon courage pour les 16 ans ….

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