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Au revoir Président !

Alerte journée de merde ! Ca a commencé avec un de ces matins qui chantent : la BO de l’Exorciste comme réveil en musique grâce au portable de Miamor, suivie d’une glissade sur ses chaussettes qui traînaient près du lit. Heureusement que je me suis rattrapée au vélo elliptique juste à côté. Pour une fois qu’il sert à quelque chose celui-là! Puis capsule bloquée dans la cafetière, comme si le truc me guettait pour déconner uniquement quand c’est moi qui m’en sert, un peu comme quand mon ordi plante, que j’essaie de le rallumer mille fois, en vain, et qu’il se décide à fonctionner juste au moment où j’explique mon problème à l’informaticien qui vient de se déplacer exprès pour moi.

Ensuite, la petite a décidé de traîner pour se préparer, comme toutes les fois où on est à la bourre en fait, voulant changer une à une les fringues préparées avec soin la veille, parce que ça gratte, parce que c’est trop petit, parce que ça serre, parce que ça glisse ou parce que c’est moche.

On a commencé à être vraiment en retard lorsqu’on s’est mis à chercher pendant près de 10 minutes une paire de chaussettes non dépareillée et à sa taille (mission impossible donc) pour finalement se rabattre sur les nus pieds, et c’est là que la gosse a marché sur une flaque de croquettes prémachées au poiscail que le chat avait due vomir sur le nouveau tapis cette nuit… A nous la douchette de pieds et le ménage de bon matin histoire de bien me faire puer la truite déshydratée puis régurgitée par un chat boulimique.

Une fois dehors : canicule. Le genre de chaleur qui te fait revoir tes fantasmes d’été. Celle où tu sues de tous les recoins de ton corps, où même ta peau gratte et te tient encore plus chaud qu’une vieille couverture en laine de chez mémé.

Mais je continue mon parcours matinal. Arrivée à la gare RER, bang : grève inopinée sur ma ligne. Cherchez pas à comprendre, le terme « grève juste pour te faire chier » prenait trop de place sur l’écran de contrôle. Va savoir, les mecs de la sncf ont aussi dû avoir leur chat qui a gerbé sur leur moquette ou bien ont perdu leurs chaussettes. La tuile de trop quoi. Et moi je vais vraiment être à la bourre au boulot.

Alors que j’arrive dans l’ascenseur du bureau avec l’impression d’avoir vécu 2 journées entières sur un camp d’entrainement pour marins (à lire avec l’accent : « meuriiinss »), trempée de la sueur de tous les gens de mon wagon, je reçois une notification du collège m’annonçant une heure de colle pour mon ado de fille. Elle n’a pas perdu de temps la môme pour une reprise à 8h30. Lassitude.

J’arrive enfin au taf et retrouve mon bureau en immense bordel, comme si une bombe avait explosé et éparpillé des feuilles volantes un peu partout. En réalité, c’est juste parce qu’hier, j’ai dû partir à la hâte en plein milieu d’une réunion, laissant monsieur Duchemol et mes collègues en plan. J’ai jeté tous les dossiers en vrac sur mon bureau parce que je ne voulais pas louper le train ni la fermeture du centre de loisirs de ma fille.

Ca va déjà me prendre une bonne heure pour trier tout ça… Mais pas le temps de s’y mettre que Monsieur Duchemol m’appelle et m’informe froidement qu’il m’attend dans son bureau.
Alors que je ne pense qu’à mon odeur de sueur mêlée à celle de glaire de Friskies, ainsi qu’à la soufflante que la grande va se prendre pour son heure de colle, v’la ti pas que le chef se met à me reprocher de ne pas rester pour les réunions tardives d’après 19h00. Comme celle d’hier quoi. Alors que tous mes collègues sont au rendez-vous. Eux. Mais pas moi.
J’aurais voulu lui expliquer que c’était pas ma faute m’sieur, que j’adore passer du temps avec eux et leurs costards 3 pièces à parler dans le vent et à gribouiller des schémas illisibles sur le paper-board pour faire semblant de chercher des solutions improbables à des problèmes qu’on s’est nous-mêmes causés à la dernière réunion… Mais j’ai reçu un sms de Miamor m’annonçant qu’il déjeunait au resto avec sa collègue de bureau super bonnasse, ça a été le pompon et j’ai démissionné.

C’est sorti comme ça, sans prévenir. Aussitôt dit, aussitôt regretté mais c’était trop tard. Monsieur Duchemol a avalé sa salive. Ca avait l’air acide vu la grimace qu’il a faite. Puis, il ne s’est pas démonté et m’a demandé une lettre en bonne et due forme pour les RH. De mon côté, j’avais l’impression de rompre avec mon mec. Un sentiment de liberté mêlé à une importante culpabilité … Je les plante en pleine crise. Moi qui dessine si bien sur le paper-board. Qui écrit si bien les compte-rendus. Qui débarrasse avec brio les tasses à café… Comment vont-ils faire? Et puis, je vois bien que Monsieur Duchemol est vexé comme un poux. Lui aussi doit avoir le sentiment de se faire larguer. C’est quand on perd les gens qu’on prend conscience de leur valeur… Du coup, il se venge et me jette une pique digne de mon ex :
« Pour tout vous dire Anne-Claire.. euh Amandine… Nous avions choisi une autre candidate lors du recrutement sur votre poste. Vous n’étiez QUE le 2ème choix. Mais la personne qu’on voulait a décliné notre proposition parce qu’elle avait des prétentions supérieures. J’espère qu’elle est disponible aujourd’hui, maintenant qu’on peut s’aligner. J’avais gardé son numéro d’ailleurs… (le mec fait mine de chercher dans son portable et sans même lever les yeux vers moi…) Merci, vous pouvez disposer.  »

Ou alors peut-être qu’il n’en a juste rien à foutre?

Heureusement une démission, c’est aussi un peu comme une élection de délégués en 5ème. Une façon de tester ta cote de popularité. Et là, je sens que mes collègues, au moins eux, vont être hyper tristes quand je leur annoncerai la nouvelle.

Grossière erreur : mon départ à venir n’a évoqué chez eux que l’heureuse perspective de récupérer mon bureau- plus lumineux- et mon super fauteuil à roulettes, ou au contraire l’angoisse de se voir refiler le dossier Lefebvre, le plus relou de la terre. Voilà ce que je laisse derrière moi… Une chaise en skaï, un badge dernier cri pour la cantoche et un dossier de merde que je vais en plus devoir ranger avant de partir.

Comme une triste impression de n’être que peu de choses quoi…

Ma vie rêvée d’auteur

Amandine Avril, c’est tout de même mieux que Micheline, vous ne trouvez pas?
C’est en tout cas le nom que j’ai choisi quand un éditeur a cédé à mon chantage en acceptant de publier mes chroniques il y a 2 ans.

Avec ce pseudo, je voulais assurer la préservation de ma vie privée face à cette promesse de notoriété. Parce que voyez vous, lorsque j’ai signé mon contrat, j’y ai vraiment cru.

Malgré une humilité de façade en mode « ne nous emballons pas les gars, c’est une petite maison d’édition et c’est publié en très peu d d’exemplaires… Si j’en vends un à ma mère et un autre à ma belle-mère, ce sera déjà le bout du monde », ça bouillonnait en moi. Je m’imaginais déjà monter les marches à Cannes ! (rho c’est bon, je sais bien que ce n’est pas pour les bouquins mais dans les trips mégalos d’égarement, tout est possible non? )

Bref. Sous la douche, je m’y croyais déjà. Mon pommeau (toujours bien utile celui-là) est devenu un oscar et dans mon discours, j’ai remercié tout ceux qui ont cru en moi et particulièrement Miamor et nos grelots, mes sources d’inspiration …

Mon attaché de presse et moi allions faire des miracles et transformer la brave Micheline en un best-seller. Marc Levy n’avait qu’à bien se tenir ! J’allais passer chez Pivot et me faire démonter chez Ruquier (au sens figuré cela va s’en dire), avoir des articles dans toute la presse, dépasser les 500 000 ventes, devenir la meilleure pote de Rihanna, la marraine du 12ème mouflet d’Angelina Jolie, jouer les ambassadrices pour la paix à l’ONU et peut-être ensuite, après mon 3ème roman traduit dans 75 langues, déménager à LA et lancer ma ligne de soutifs pour filles plates. Bref j’avais un boulevard devant moi.

Et puis rien ne s’est passé.

Le livre paru, ma mère m’a appelée furax parce qu’elle ne le trouvait nulle part, qu’il fallait le commander, qu’est ce que c était que ce bazar non d’une pipe en bois. Alors pour stimuler la vente en ligne, je suis allée pleurer auprès de mes potes pour qu’ils mettent des commentaires positifs sur internet à propos de mon livre. Mais encore fallait-il qu’ils l’aient lu! Sans référence donc, j’ai dicté le commentaire à mon petit neveu et lui ai refilé un bifton pour le dérangement.

Mon soi-disant attaché de presse s’est quant à lui fait la malle. Ou plutôt, j’ai compris qu’il n’avait jamais existé et était sans doute la même personne que le directeur, l’éditeur, le comptable, le secrétariat et peut-être même le livreur de ma grande maison d’édition, et que ce même individu était, on peut le comprendre, bien occupé et n’avait pas que ça à faire de promouvoir mon fichu bouquin.

Histoire d’essayer d’en vendre quelques exemplaires tout de même en dehors du cercle familial, j’ai appelé toutes les librairies de France et de Navarre pour leur proposer des séances de signatures. En principe les librairies aiment ça nan? Bon ben là, je ne devais pas être la seule sur le coup et sans doute pas la plus bankable car ça a été un échec cuisant.

Mais heureusement, un soir de novembre, suite à une annulation d’un vrai auteur, on m’a proposé de venir à l’arrache le lendemain pour pas avoir à démonter la table qui avait été installée pour l’occasion.

Vous pensez bien que je n’ai pas tergiversé, oubliant toute forme de stratégie pour me rendre un tant soi peu désirable et ravalant ma fierté en accourant comme un brave toutou qu’on siffle.

Je me suis toute pomponnée pour l’occasion, comme si les gens allaient davantage acheter mon bouquin parce que j’avais mis du fard à joue, et suis arrivée toute excitée à la première heure dans la boutique. Les libraires avaient même réussi à bricoler rapido un grand panneau promotionnel avec la couverture de mon livre et mon nom d’artiste qu’on voyait de loin. Mais… alors trop rapido sans doute parce qu’ils se sont gourés dans mon nom, me rebaptisant Amandine Lavril, sûrement pas en hommage à mes origines bourguignonnes où chaque nom propre se voit affublé d’un déterminant. L’Amandine s’est donc sentie un peu humiliée. Et ce n’était que le début de sa désillusion.

Tandis que certains écrivains causent des embouteillages en gratifiant leurs lecteurs de 2 heures de présence, je me suis presque tapée les ⅜. Sans pause déj, non-stop de 7h à 20h. Même pas un casse-dalle et seulement 2 livres vendus.

J’ai pourtant essayé de capter le regard des gens qui passaient devant moi, en leur offrant mon beau sourire de concessionnaire Citroën jusqu’à ce que je me fasse fusiller du regard par une mamie au bras de son homme parce qu’elle a cru que je lui faisais du gringue, me narguant même d’un  » et bien vous les emmerdez peut-être les femmes parfaites, mais moi j’en suis une! Et mon mari est comblé merci! »

Du coup j’ai tiré la gueule et un trait sur ma carrière de commerciale.

Pendant ces longues heures d’attente au cours desquelles je n’ai même pas osé regarder l’heure sur mon téléphone au risque de louper un client, j’ai eu à faire face au dédain des passants, me méprisant comme une vulgaire étagère de livres indignes de leur intelligence suprême. D’autres parvenait à me regarder, mais de loin alors, avec méfiance, comme si j’allais leur sauter dessus et leur coller ma feuille de chou dans les mains ou pire, leur vendre un abonnement à vie à France Loisirs.

Heureusement, vers 16 heures, un grand mec s’est approché de moi l’air avenant. Pour honorer cet élan de confiance, je me suis immédiatement levée prête à parler de Micheline et de ses origines et réfléchissant déjà à la dédicace que j’allais pondre pour lui témoigner ma reconnaissance éternelle… rapidement envolée lorsqu’il m’a demandé, mais vraiment il n’aime pas faire ça, si j’avais pas un euro ou deux à lui filer pour qu’il puisse acheter son jeu vidéo.
Micheline dans toute sa splendeur. Se faire taxer par un punk à chien lors de sa seule et unique séance de dédicace.

Après l’avoir remballé (faut pas déconner quand même), je me suis assise en jouant discrètement à Pet Saga, me demandant ce que je foutais là tout en continuant à affronter la valse des regards condescendants des clients.

C’est là qu’une jeune femme s’est approchée de moi! Mon coeur battait la chamade. J’y croyais vraiment cette fois. Elle avait l’air intéressé. Et elle l’était … par le dernier bouquin d’Aurélie Valogne qu’elle n’arrivait pas à trouver dans les rayons, raison pour laquelle elle venait me demander de l’aide. Je travaillais bien là nan?

Bref. Je ne pensais pas avoir à l’admettre mais heureusement que j’ai croisé ma voisine préférée ce jour-là. Elle qui était venue pour acheter un essai du professeur Ghurihandkowski sur les dérives de la médecine nucléaire, elle m’a acheté 2 exemplaires pour ses belles soeurs qui aiment ce genre de « littérature » m’a-t- elle gentiment expliqué en marquant bien les guillemets autour du mot littérature la P.. Biiiip. S’empressant d’ajouter : « Et inutile de mettre un ptit mot, de toute façon, personne te connaît ! »

Cette journée a brisé mes rêves de gloire mais a eu le mérite de me faire reconsidérer la proposition d’interview que j’avais reçue il y a peu de Radio Mirabelle, reine des ondes en Lorraine.

A moi le succès.

La piscine

Aujourd’hui, Miamor travaillait mais pas moi. Alors dans un élan d’inconscience et de sacrifice maternel, j’ai proposé aux gosses en vacances de les emmener à la piscine en plein air.

Étonnamment, les deux grands poilus, du fond de leur lit infestant la belette en décomposition, m’ont déclaré avoir la flemme. Faut dire qu’ils venaient de prendre leur petit déjeuner et avaient donc fourni l’intégralité de leur effort journalier. Ils ont donc préféré décliner l’invitation pour continuer leur fossilisation.

Me voici donc en direction de la pistache, embarquant dans mon paquetage mes deux lardonnes en bikinis fluo et une copine de la grande, histoire de me donner une chance d’avoir une paix relative.

Entre meufs donc. A nous les confidences, les ricaneries et la complicité mère-filles.

Sauf que là, je suis plutôt en mode porteur à Calcutta, avec d’un côté un sac à dos contenant coloriages, crayons, jeux de société plein de promesses pour jeunes fous de 3 à 99 ans, portefeuille, bouquin que je sais avoir emmené pour rien, et dernier Gala; de l’autre un sac en toile avec serviettes, crème solaire, brassards et jouets d’eau; et enfin glacière qui pèse 3 tonnes et fait des bleus aux tibias. Ainsi chargée comme un âne, j’avance à deux à l’heure sous une température caniculaire. Mes deux cuissots collent plus que jamais et font chplok chplok, me rappelant, comme si c’était nécessaire, mes kilos en trop concentrés dans mes poteaux.

Arrivées devant l’entrée de la piscine, c’est le choc. Je réalise qu’en ce jour de grande chaleur, je ne suis pas la seule à avoir eu cette idée brillante d’aller se tremper le cul dans un bassin d’eau fraîche… Une queue d’une trentaine d’individus aussi malins que moi me laisse d’ailleurs présager que l’attente va être longue, juste de quoi permettre à tous mes sacs de s’incruster dans ma chair et de me scier l’épaule.

On attend gentiment notre tour pour payer au guichet quand la copine de ma fille, petite garce en combishort qui sent si fort le fruit des bois qu’elle a dû être nourrie au bib de gel douche Yves Rocher, me lance gratuitement : “Je la connais cette piscine ! j’y suis déjà allée avec Lili et sa mère. Sa mère, elle, elle a de trop beaux yeux bleus”.
Elle appuie bien sur le “elle”, la pré-ado qui pue la myrtille de synthèse, comme si mes yeux de cochon et moi, on n’avait pas compris qu’on était aux yeux bleus ce que la terrine Marque repère est au foie gras Labeyrie. Heureusement, je suis blasée depuis la grande section de cette minable insulte, je ne relève donc même pas, notant toutefois dans un coin de ma tête de la couler une fois dans le grand bain pour me venger. Je ne suis pas rancunière. J’ai de la mémoire, ça n’a rien à voir.

Les gens autour de nous, qui ont toujours les oreilles qui traînent dans ces cas-là, me dévisagent pas du tout discrètement, pour vérifier que la sale gamine a raison et que mes yeux sont aussi banals que l’affirme cette mini représentante en savonnettes.

C’est ce moment que choisit ma petite pour tendre son index vers moi et crier : “mamannnn… Ma verrue, elle me gratte. Elle va bientôt tomber je crois…”. L’annonce provoque illico le recul de nos chers voisins de queue, dont le dégoût et la prudence semblent d’un coup plus forts que la curiosité. Comme si la verrue allait leur sauter à la gueule. Bien joué ma fille.

Une fois installées sur nos serviettes, je n’ai bien sûr qu’une envie : bronzer et feuilleter mon magazine de pouffiasse tranquillou.
Mais nan! Dans la vraie vie, il faut aller surveiller la petite barboter des heures durant, jusqu’à ce que lèvres bleues s’en suivent.

Je mets d’ailleurs moi-même 2 heures à entrer dans l’eau glacée à 27 degrés, grognant contre tous les mouflets alentours qui m’éclaboussent, ces sales petits égoïstes. Ce n’est qu’au prix d’efforts intenses et d’un mental d’acier me faisant gagner centimètre par centimètre mon combat contre ce cocktail de chlore et d’urines que j’immerge enfin mes épaules dans l’eau…

Mais c’est le moment que choisit mon lardon pour ressentir une furieuse envie d’aller aux toilettes.C’est bien ma veine. Trois plombes pour entrer dans l’eau dans d’atroces souffrances, tout ça pour en ressortir et passer à nouveau des heures dans des chiottes glissantes parce que, bingo, l’enfant a décidé de faire la grosse commission. C’est quand je dois torcher ses fesses mouillées avec un PQ bas de gamme épais comme une feuille à rouler qui colle et qui m’oblige à en laisser la moitié dans la raie pour m’éviter de jouer la spéléologue, le tout en me mangeant les brassards dans la tronche, que j’envie Miamor à son bureau. Et c’est quand ensuite je galère à essayer de lui remettre le maillot de bain qui semble avoir, comme par magie, rétrécit de 4 tailles le temps du popo, que je le déteste en l’imaginant se bidonner près de la machine à café. Pourquoi donc j’ai pris ma journée ?!

Ce n’est qu’une fois de retour dans le bassin que je me rappelle que j’ai un sac, que dis-je, 3 sacs sans surveillance. Je décide donc de jeter un oeil toutes les 30 secondes sur les serviettes, mon eldorado, pour vérifier qu’on ne me vole ni mon portefeuille ni pire, mon gala, tandis que je me fais défoncer les nibards par des pieds pointure 25.

Ce délicieux moment de bien-être est malheureusement interrompu par les deux grandes dadettes qui viennent me montrer la choré aquatique sur laquelle elles bossent depuis que nous sommes arrivées, sorte de mouvements non simultanés de noyade euh… pardon, de roulades approximatives, cheveux dans la face et nez qui dégoulinent, clôturée par une somptueuse pyramide humaine à deux et un magnifique coup de boule imprévu en bouquet final.

J’applaudis. Je m’émerveille devant ce talent, surprise qu’il soit si développé alors qu’elles n’ont jamais fait de natation synchronisée. Puis je leur dis que la petite et moi allons bientôt… Bloup… Sous l’eau, les gamines. Rien à foutre de ce que je leur raconte, elles sont déjà reparties en mode Sauvez Willy à l’autre bout du plan d’eau.

Okay… Je préviens donc la petite, qui est désormais la seule à pouvoir entendre sa mère, car la seule à ne pas être en mesure de faire de sous l’eau à cause de ses deux brassards, qu’on va bientôt sortir pour se réchauffer un peu.

Mais entendre ne veut pas dire écouter. Elle veut rester dans l’eau, la gosse. Et elle chouine. Fort. Trois options se dessinent alors dans ma tête :
1/ je l’arrache de l’eau, elle hurle encore plus fort, me pourrit ma séance potins sur ma serviette et me fait repérer comme mère pourrave par tous les nageurs alentours
2/ Je la fais sortir de l’eau en douceur en lui faisant miroiter une folle partie de memory et des batailles endiablées qui vont durer des heures mais qui finiront immanquablement dans les larmes parce que j’aurai gagné deux plis d’affilé, et me fait repérer comme mère pourrave par tous les nageurs alentours …
3/ Je cède.

C’est vite vu : Option 3.
Je réussis tout de même à trouver un maigre compromis, en m’asseyant au bord de l’eau avec une pose de pin-up, face au soleil et cheveux au vent. Surveiller et bronzer. Etre mère et être femme. Sécurité et élégance. J’ai finalement bien fait de venir… Ainsi bercée par les clapotis de l’eau et les rires lointains, je savoure…

Mais c’est sans compter sur mon vieux maillot, celui que j’ai acheté à Monop quand ça s’appelait encore Prisunic et qui me donne un semblant de poitrine sans pour autant m’empêcher de nager (ce qui n’est pas le cas de mon nouveau maillot push-up avec lequel j’ai l’impression d’avoir deux seaux coincés sous les boobs qui se remplissent de flotte à chaque brasse).
Ce bon vieux deux pièces donc, se fait quand même vraiment vieux… A chaque remou, l’élastique de la culotte semble de plus en plus large permettant à mon slip de se faire gentiment la malle, et laissant apparaître le haut de mon maillot mal épilé et le plus blanc que blanc de mon bas ventre.

Un nouveau dilemme se présente donc à moi : cesser de rentrer le ventre et occuper ainsi tout l’espace du maillot qui, de fait, ne se barre plus mais fait ressortir ma brioche… Ou rentrer le ventre mais montrer au monde entier la base de mon intimité velue.

Mais je suis brusquement coupée dans ma réflexion philosophique par un ballon pokemon qui atterrit en plein dans ma gueule. Trêve de tergiversation, je retourne dans l’eau avec la mouflette, de toute façon, je ne bronze pas et je n’arrive plus à respirer à force de rentrer le ventre. Et puis… soyons honnête, le cul qui trempe dans 3 cl d’eau où tout le monde marche, y a pas mieux pour se choper une mycose.

Et là, alors que je jette un rapide coup d’oeil à ma glacière, qui vois-je non loin de là ? Je vous le donne en mille. Sabrina. Sabrina, ma nouvelle voisine. Elle se pavane avec son grand chapeau de paille, son maillot dernier cri qui la moule à la perfection, son petit paréo qui flotte au vent laissant apparaître ses cuisses fermes et dorées…

Je n’ai aucune envie de la croiser, car je ne voudrais surtout pas que Miamor commence à l’imaginer en maillot, ça pourrait lui donner des envies de nous accompagner à la piscine la prochaine fois…
Merde. La tuile. Elle s’approche de moi… Je sors de l’eau en tenant mon maillot et m’assois à nouveau sur le bord en regardant ailleurs, en mode “moi aussi j’ai la classe mais seulement quand j’arrête de respirer”. Elle m’a vu, c’est certain. Ne pas croiser son regard…

Raté.Tout sourire, elle se plante devant moi, me salue chaleureusement et commence à bavarder, sans même demander des nouvelles de Miamor.
Elle n’est pas si désagréable finalement. Sois open Micheline! Je reste tout de même les fesses dans mon pédiluve histoire de marquer un peu de distance.
On discute deux minutes, de la pluie, du beau temps, des cuisses qui collent. Nan, je déconne. Mais je suis quand même à deux doigts de lui demander sa recette de fondant tellement on sympathise. Et c’est là qu’elle gâche tout. Elle pousse un petit cri horrifié en pointant un truc dans l’eau juste à côté de moi, un objet flottant non identifié qui s’approche dangereusement de ma cuisse gauche. Elle l’a identifié, elle, et se recule d’un air dégoûté… Le temps que je comprenne, il est presque trop tard, je suis à quelques centimètres d’un étron spongieux. Je me lève d’un bond en hurlant à mon tour, oubliant au passage mon bide, mon élastique et ma gosse.

C’est à ce moment-là que Sabrina est partie rejoindre ses copines en rigolant, sans doute à mes dépens. Haha, trop drôle la voisine blanche comme un cul a failli retrouver une crotte imbibée dans son ancienne culotte de grossesse ! Haha.

Quand elle est partie et qu’elle m’a saluée de loin, j’étais en train d’essayer de ramasser le-dit morceau avec la perche du maître nageur, version pêche au canard.

Micheline. La classe partout, et en toutes circonstances.

La fête des voisins

Hier, c’était la fête des voisins dans mon quartier. Enfin, fête est un bien grand mot, car croyez moi, cet événement allée des alouettes est aussi festif qu’un anniversaire dans un EHPAD.

Dès qu’on a reçu le funeste carton d’invitation dans la boîte aux lettres, Miamor et moi avons couru jusqu’au frigo, non pas pour commencer dans la joie et l’allégresse à marmitonner une petite quiche lorraine de derrière les fagots ou un cake aux olives, mais plutôt pour vérifier sur le calendrier familial si, par le plus grand des bonheurs, nous n’avions pas déjà un truc prévu ce jour là.

Et la tuile, c’est qu’on avait rien. Rien de rien pour se défiler. Pas un repas de famille, pas une invitation chez des amis, pas un match de foot de morpions qu’on aurait enfin pu passer voir jouer. Pas même une modeste kermesse de fin d’année à laquelle on aurait pu se porter volontaire pour tenir un stand. C’est dire à quel point on ne voulait pas y aller à cette sauterie de voisinage.

Face à cet agenda désespérément vierge de toute vie un tant soit peu sociale, nos cerveaux de jeunes loups mythomanes ont alors commencé à chauffer pour pondre une excuse digne de ce nom et élaborer un stratagème de sioux pour se défiler.

OK, je vous l’accorde, décliner courtoisement l’invitation aurait sans doute été une autre solution. Mais c’est méconnaître Antoinette, l’indétrônable présidente du conseil syndical, qui règne sur l’allée des alouettes comme Don Corleone sur la mafia new-yorkaise.

Antoinette, c’est un savant mélange entre la souplesse d’un colonel de l’armée de terre et la douceur d’une poissonnière à Rungis, le sourire d’un maître chien et la verve d’une prothésiste ongulaire en plus. Hormis son indémodable blouse à fleur, cette femelle alpha n’a de fleuri que son langage et ressemble à une ancienne championne Soviétique de lancer de poids coincée dans les fringues de ma mémé Simone.

Elle a un avis sur tout et aboie sur tout le monde, tout le temps. Même son carton d’invitation nous engueule et nous donne des ordres : et que c’est le 3bis qui apporte les quiches, que les Martin font leur pain de viande habituel, qu’elle-même fera exceptionnellement sa tarte aux abricots puisque Ghislaine a décrété au dernier goûter chez les Gonzales qu’elle était allergique aux fraises, et qu’on installera les tables à 11h comme d’habitude devant chez les Lebec, et tant pis s’ils râlent parce qu’ils doivent déplacer leur polo. C’est comme ça et pas autrement bordel de bite en bois.
Chef, oui chef.

On avait donc pas le choix, il fallait qu’on trouve une excuse imparable pour esquiver la fête des voisins, que même sa majesté Antoinette ne pourrait contrer.

Aussi, après moultes tergiversations et plans d’action aussi stratégiques que dans un championnat du monde d’échecs, on a décidé de dire qu’on était de baptême à 2 heures de chez nous. En réalité, bien sûr, on irait juste avec les mômes flâner pour la journée comme des touristes dans une jolie ville des alentours histoire de découvrir notre belle région d’Ile de France.

Et voilà comment on s’est retrouvé hier matin endimanchée comme des abrutis à traîner les gosses pour visiter Melun.

En fermant la maison, on a salué de loin Guitou, le brave et timide époux d’Antoinette, en train d’installer péniblement ses tréteaux devant chez les Lebec qui avaient docilement retiré leur voiture.

Après le troisième rond point, on a crié victoire: nous étions libres!
45 minutes d’autoroute plus tard, et sans vomi (ouais, je vous ai pas raconté, mais on a trouvé un médoc qui fonctionne du feu de dieu, ca drogue les enfants si fort qu’il dorment trop profondément pour vomir, c’est extra), on arrive dans la jolie bourgade seine-et-marnaise à arpenter pour la journée.

Et là, amer constat : le dimanche à Melun, tout est fermé. Alors oui, les rues piétonnes, c’est sympa, mais on risque d’en faire vite le tour si on a rien d’autre à se mettre sous la dent. Qu’à cela ne tienne, on va d’abord manger un morceau, puis on ira faire les fous et rire aux éclats cheveux aux vents et pieds nus au bord de la Marne comme dans une pub Herta.

C’est alors que je m’aperçois qu’on a pas un radis sur nous. Tellement angoissés qu’on était à l’idée de se faire pincer par le caporal en jupon, qu’on s’est imprégné du rôle au point de presque croire nous-même qu’on était de baptême. Résultat, en me pomponnant, j’ai changé mon sac à main et j’ai oublié d’y transvaser mon portefeuille. Miamor, quant à lui, a fait péter le costume et a laissé sa carte bleue dans son blouson, qu’il n’a pas pris. Et puis, actor studio quoi! On vivait notre flûte à fond! Après tout, dans un baptême, tu te fais rincer nan?!

Sauf que là, nous voilà, déplorables parents indignes, pitoyables crétins sans un sous mais sans baptême non plus et avec 4 enfants affamés dans les pattes.

On décide donc de retourner à la voiture, traînant comme des boulets notre colo de mouflets au bord de la crise d’hypoglycémie, dans l’espoir d’y trouver quelques pièces de monnaie oubliées, voire même quelques vieux bonbecs collés sous la banquette.

Fort heureusement, notre maniaquerie légendaire nous sauve et on parvient, en soulevant les tapis et en rabattant tous les sièges, à collecter 14 euros en petites piécettes et cela, sans compter l’euro dissimulé dans la boîte à gants à utiliser pour le caddy au supermarché. Face à cet imposant butin, les gosses qu’on a fait bosser pour l’occasion, en ont complètement oublié leur faim, trop ravis de jouer à la chasse au trésor dans la Picasso.

Sauf qu’en bon rabat-joie que nous sommes, on met vite un terme à leur entrain en leur annonçant de but en blanc que 15 euros, ça paie seulement 3 kebabs qu’il va donc falloir se partager.

Nous voilà donc repartis à la recherche d’authenticité dans la vieille ville pour nous régaler d’un délicieux plat typique régional.

C’est aux Délices de Turquie que l’on fait nos parents sacrifice, laissant tels de grands seigneurs aux mouflets le plaisir de se partager les 3 sandwichs chichement payés, qu’on avait fort heureusement (et discrètement) demandé au chef de charger en oignons et en salade, conscient qu’avec tout ça, les gosses nous en laisseraient facilement la moitié sans même qu’on ait à le leur quémander.

Une fois rassasiés (je parle surtout de Miamor et moi), on se dirige vers le cours d’eau pour faire communion avec mère nature, jouer au bord de l’eau, faire des roulades dans l’herbe fraîche et des ricochets. C’est ainsi assoiffés de poésie et de bucolisme, mais aussi assoiffés tout court à cause de la surdose d’oignons crus dans le kebab, qu’on se trouve un petit coin de verdure le long de la Marne. Notre quête romantique est pourtant bien vite avortée par ce qu’on découvre une fois à destination : un parterre de vieilles canettes de bières et une bande de jeunes sur un pont, la musique à donf, s’élançant chacun leur tour dans des plongeons acrobatiques au péril de leur vie, aveuglés par l’alcool et sans doute aussi un peu par le fioul des bateaux qui tapisse le plan d’eau.

Mais comme on a pas trop le choix et qu’il faut tuer le temps encore quelques heures, on s’adapte et on se pose là, à les regarder faire leurs sauts de l’ange entre deux gorgées de mauvais whisky. Nos gosses sont ravis, c’est mieux que le cirque du soleil et disneyland réunis. Les deux grands rêvent de faire la même chose, l’un de réussir leurs cascades de l’extrême, l’autre de boire jusqu’à plus soif. Ma grande à moi, en pleine effervescence hormonale, reluque étrangement toujours le même gamin et joue beaucoup trop de sa chevelure à mon goût. Quant à la petite, elle s’emmêle un peu et ne cesse de répéter qu’elle veut faire de la natation synchronisée. Je sais, ça n’a rien à voir mais c’est toujours mieux que les majorettes.

15h, on commence quand même à se faire drôlement chier… d’autant que les jeunes fatiguent et se mettent à bronzer et à cuver leur mauvais alcool. Sans spectacle, on décide donc de rentrer tranquillement, en roulant au pas, pour arriver avec un peu de chance aux abords de 17h, heure à laquelle météo france a prévu de la pluie (même devant chez les lebec), sonnant ainsi le glas de la fête des voisins, et donc de notre périple au pays de la mythomanie.

Malheureusement, une fois dans la rue des alouettes, c’est le drame. Non seulement il fait un temps radieux mais en plus, tout le quartier est encore là, comme si tous les voisins, les fourbes, nous attendaient avec leurs cacahuètes et leurs tartes soleil au pesto provocatrices…

Conscients de notre échec, on sait qu’on ne va pas pouvoir y échapper d’autant que nos traîtres de gosses affamés sont déjà sortis de la voiture pour aller se goinfrer au buffet.

C’est comme des condamnés à mort qu’on rejoint l’attroupement, habillés comme pour aller à la messe mais puant la bière chaude, l’oignon cru et la sauce samouraï, et qu’on va saluer tous les ptits vieux du coin qu’on connait à peine.

Tandis que je me fais enlever par Dédé, un vieux de la vieille qui commence à me raconter l’histoire du lotissement et comment il s’est fait voler 3 fois sa tondeuse à gazon, j’aperçois Miamor comme ébahi par quelque chose un peu plus loin, au point de s’en étouffer avec son feuilleté à la knaki. Je le regarde s’éloigner un peu en toussotant comme attirer par ce mystérieux quelque chose à l’autre bout des tréteaux. En écoutant d’une demi-oreille le pauvre Dédé qui me donne maintenant les clés d’un bon taillage de thuyas, je peste intérieurement contre Miamor qui m’abandonne lâchement, alors que la taille de thuyas, c’est lui bordel, tout ça pour aller sans aucun doute goûter le fondant au chocolat de Monique qu’il aime tant !

Sauf que juste derrière le fameux fondant, je découvre une magnifique blonde au visage angélique, en train de se marrer avec la mamie du numéro 8, pour qui soudain Miamor semble avoir de l’intérêt et vient saluer comme si c’était sa propre grand-mère et qu’il venait lui faire ses courses et son ménage toutes les semaines. Mais je ne suis pas dupe. C’est la grande blonde qui l’attire. Rien de plus. Désolée Georgette, c’est pas pour prendre des nouvelles de ton arthrose de la hanche qu’il est là.

J’essaie donc de me dépêtrer des griffes de Dédé, histoire de ne pas trop perdre le contrôle et d’aller voir ça de plus près, mais en vain. Et voilà maintenant que j’entends ses lourdos de potos faire des blagues dans mon dos, genre “le Dédé, y va lever la voisine”. Haha. Elle est bonne celle-la. Un autre jour, ça aurait même pu me faire sourire cette blague potache, mais là les gars, je suis pas d’humeur apéro PMU, tout ce que je vois, c’est Miamor qui se la joue comme Dédé, mais avec la blonde sublime.

Je décide d’interrompre brusquement Dédé dans son monologue pour lui demander de but en blanc :
Mais dis donc Dédé, y a des têtes que je ne connais ici. Des nouveaux ou quoi?
Et c’est là que j’apprends que la plantureuse blonde n’est autre que Sabrina, notre nouvelle voisine.

Je suis dans de beaux draps tiens.
J’abandonne Dédé qui parle toujours sans s’être visiblement rendu compte que je n’étais plus là, et file rejoindre Miamor pour faire connaissance avec l’ennemie.
J’en profite pour choper en chemin une part de tarte aux pommes et ainsi ragaillardie, je m’avance vers eux en essayant de me convaincre que cette pouffe a, a minima 15 ans de moins que moi, et que c’est forcément facile d’être fraîche et élancée comme ça quand t’as pas pondu plusieurs chiards.

On casse un peu l’ambiance en débarquant, ma part de tarte et moi, interrompant visiblement une conversation passionnante entre Miamor et Sabrina donc, qui semblent déjà bien se connaître et se tutoient comme s’ils avaient élevé les cochons ensemble.

A peine ai-je le temps de m’incruster dans leur conversation qu’Antoinette décrète de sa grosse voix de colonel, qu’il va bientôt pleuvoir et qu’on a intérêt à tout ranger très vite, parce qu’elle, faut pas compter dessus, elle s’est déjà décarcasser pour trouver les tréteaux et tout organiser bon sang de bordel à queue.

Dociles, toutes les petites fourmis s’activent et rangent efficacement tout le bazar, ne laissant sur la chaussée qu’un vieux gobelet et un Miamor dépossédé de sa nouvelle moitié blonde, partie elle aussi, serviable qu’elle est cette fayote, mettre le taboulé dans des tupperwares avec Guitou, lui aussi sous le charme.

Une fois rentrés, je ne vous raconte pas le festival. Et Sabrina par-ci… Et Sabrina par là… Et le gâteau au chocolat de Sabrina, il est encore meilleur que celui de Monique… Et tu te rends compte, elle a presque ton âge (ha sans dec…incroyable…) Et tu sais quoi? Elle et son mec ont deux enfants dont un fera sa rentrée dans la même maternelle que la nôtre, c’est super nan?! On pourra se dépanner ! Elle est trop sympa en plus et d’ailleurs…

C’est là que mon seuil de tolérance a été atteint et que la guerre a été déclarée. Elle va voir la ptite Sabrina de quel bois j’me chauffe. Quand il s’agit de garder la tête haute, Antoinette, à côté de moi, c’est un enfant de choeur. Je ne vais pas me laisser abattre sans lutter.

Ni une ni deux, j’ai filé chez Monique pour qu’elle me donne sa recette de fondant.

On va voir qui fera le meilleur gâteau à la fête des voisins l’année prochaine ma petite cocotte.